dimanche 27 juin 2010
JEAN-MARC FURLAN : " JE N'AI JAMAIS VERITABLEMENT QUITTE L'ESTAC "
Il est arrivé vendredi en début de soirée. Dès le lendemain, samedi matin, à 9h30 au Moulinet, au siège du club, Jean-Marc Furlan et tout l'état-major du club se sont mis au travail. Au programme de ce week-end, la mise en place de la gestion sportive de la saison à venir et les grandes bases de la préparation avant la reprise de l'entraînement, ce lundi, à partir de 9h, au Stade de l'Aube. Jean-Marc affichait le sourire de quelqu'un qui retrouverait sa famille après un long voyage. Visiblement heureux de retravailler pour l'Estac, entre deux réunions, il a accepté d'évoquer ce retour à Troyes.
Jean-Marc, vous revenez à l'Estac trois ans après l'avoir quittée. Quel est votre sentiment?
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J'en suis très content. C'est une joie de revenir. J'ai toujours gardé de bons souvenirs de mon premier passage et j'ai conservé beaucoup d'amis à Troyes, que ce soient des dirigeants, des membres du staff, des bénévoles ou des administratifs. Je sens un sentiment de confiance autour de moi. Le fait de retrouver Daniel Masoni me fait également très plaisir. On a beaucoup partagé ensemble durant 3 ans. Que ce soit lui, désormais président, qui ait fait la démarche, j'en suis très sensible. C'est très important qu'il puisse exister ce type de relation. C'est même essentiel et ça ne peut qu'aider à la réussite du projet. Je sais de quoi je parle, car je n'ai jamais connu ce genre de relation à Strasbourg ou à Nantes.
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Pourtant, il y a un an, vous aviez fait partie des entraîneurs pressentis ?
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J'avais effectivement été approché l'an passé. Je dis bien approché. Je n'ai, à ce moment-là , jamais eu un contact direct avec Daniel Masoni, contrairement à cette année. Je n'avais eu qu'un contact, très court, avec Fred (Adam). Cela n'avait pas été plus loin, et moi, j'étais déprimé après avoir manqué d'un point la montée avec Strasbourg.
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Cette fois, quand l'Estac vous a contacté vous étiez sur le point de vous engager ailleurs. Pour quelles raisons avez-vous finalement préféré Troyes?
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C'est vrai, j'étais sur le point de m'engager au Qatar, avec le club d'Al-Khor, quand, cette fois, Daniel Masoni m'a appelé. Je n'ai jamais proposé mes services à quelque club que ce soit. Ce sont toujours eux qui me joignent. J'avais reçu quelques offres. J'avais par exemple refusé le Club Africain de Tunis. En revanche, on a dit que j'étais en contact avec Reims ou Mulhouse. C'était faux. Quand on me connait, on sait pourquoi finalement j'ai préféré l'Estac. Ce n'est déjà pas pour des raisons financières (il rit). C'est à cause de cette convivialité qui règne ici et à cause du projet sportif. A 52 ans, j'ai encore le temps avant d'aller chercher fortune au Moyen-Orient. (il rit encore). Mon coeur et ma conscience m'ont guidé. Si je suis aujourd'hui, de nouveau troyen, c'est pour relever le challenge sportif. C'est aussi parce que je connais Daniel Masoni, mais aussi Philippe Pichery, avec qui j'ai toujours été en contact, Monsieur Baroin, Monsieur Adnot, mais encore Momo Bradja, Fred Adam, Carlos De Jésus, les bénévoles et dirigeants. C'est ce qui a beaucoup joué. Bien sûr, il y a toujours un risque, mais si on a tous envie de réussite, qu'on y met notre coeur et que l'on fait passer l'intérêt du club avant notre intérêt personnel, on a davantage de chances de mener à bien notre projet.
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Depuis votre départ en 2007, avez-vous néanmoins continué à suivre le parcours de l'Estac?
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Toujours. C'est pourquoi je reviens avec l'impression que je n'ai jamais véritablement quitté ce club, du moins par le coeur et l'esprit. Mais je vais découvrir une nouvelle équipe, même si je connais encore quatre ou cinq joueurs comme Eloge (Enza Yamissi) et Eric (Marester) que j'ai repositionnés en défenseurs latéraux, Gaël (Sanz) et quelques-uns que j'avais remarqués en réserve ou avec le centre de formation, comme Claudio (Beauvue) ou Mathieu (Baudry).
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Vous avez, après l'Estac, été en poste à Strasbourg puis à Nantes. Vous n'avez pas réussi dans chacun de ces clubs. N'est-ce pas deux erreurs de parcours ?
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C'est tout à fait exactement ça ! Quand je suis parti de Troyes, j'avais plusieurs propositions dont Le Mans et Strasbourg. puis Bordeaux s'est également manifesté avant même de solliciter Blanc. Le président Triaud a insisté, mais je venais de donner ma parole à Strasbourg. Strasbourg, ça a été un choix, je le dis sans prétention, motivé par l'orgueil. Tout le monde avait tenté de me dissuader. On me disait :" Ce n'est pas pour toi." Moi qui ne connaissais pas l'Est, j'ai voulu y aller. C'est mon côté aventurier qui a pris le dessus. (il rit). Nantes, c'est autre chose. Je venais de refuser Charleroi et Bastia, en octobre de l'an dernier. J'ai volontairement fermé les yeux sur la réputation du président Kita. Parce que le FC Nantes, ça reste une institution, je le confirme. C'est un club magnifique. Je n'y ai fait en tout et pour tout que sept semaines d'entraînement. On ne peut pas me juger là -dessus. Je ne regrette pas d'y être allé. L'environnement est fantastique et le public est formidable. Nantes, ça me rappelait aussi les derbies d'antan que je vivais avec Bordeaux en tant que joueur girondin. Le vrai derby de l'Atlantique, c'est Nantes-Bordeaux. Et puis j'ai accepté d'y aller par rapport aux Denoueix, Suaudeau, Arribas, les grands entraîneurs des grandes époques. Je n'ai pas le sentiment d'y avoir vécu ce que j'en attendais.
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Vous voici donc de retour à Troyes. Quels souvenirs conservez-vous de votre premier passage ?
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Je pense d'abord que ça s'est terminé sur un malentendu entre le président et moi, et que, tous deux, nous avons fait ce qu'on peut appeler des erreurs de jeunesse. J'étais un jeune entraîneur, entendez sans expérience, et lui était un jeune président. Vous devez savoir que j'ai conservé de bonnes relations avec lui. Bien entendu, il me reste de bons souvenirs : la montée en Ligue 1, puis le maintien. D'autres encore, comme cette victoire que nous obtenons lors de la dernière journée, alors que nous sommes déjà condamnés à la relégation, contre Lens, 3-0 au Stade de l'Aube, alors que les Lensois jouaient pour une qualification européenne. Ce soir-là , si les supporters nordistes ne provoquent pas l'interruption momentanée de la rencontre, on peut gagner 6-0 ! J'ai eu des torts. Je n'ai pas assez cru à la réussite de ce groupe de la dernière saison. Aujourd'hui, je les boosterais certainement davantage. Il y a eu des moments difficiles, mais plus de bons souvenirs. Je ne suis pas rancunier et, avec le recul, j'ai vécu ici globalement 36 mois de bonheur. Aujourd'hui, je reviens avec beaucoup d'envie, pour servir ce club et cette ville que je n'ai jamais oubliés.
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