Bernard Delcampe n’est plus

mardi 8 janvier 2013 à 20h31


Bernard Delcampe n’est plus

C’est une nouvelle que nous redoutions et, hélas, elle nous est parvenue aujourd’hui : Bernard Delcampe n’est plus ! Nous en sommes bouleversés et profondément attristés. Nous avions aimé le joueur qu’il avait été et nous appréciions l’homme exceptionnel qu’il était. Nous lui avions d’ailleurs consacré une chronique dans les pages Légendes du Football Troyen, dans le numéro de novembre du magazine mensuel Estac Mag. Ainsi, ceux qui l’avaient connu avaient-ils pu se souvenir de lui et revivre ses grands moments partagés avec le public du Stade de l’Aube, car « Nanar » comme, affectueusement, tout le monde le surnommait, était avant tout un joueur très populaire. Quant à ceux qui ne le connaissaient pas, ils avaient pu apprendre que le football de notre ville et de notre département avait compté dans le passé un joueur de cette qualité.

 

Echangé avec Glowacki

 

Bernard était originaire de Mohon, dans les Ardennes, petite cité proche de Charleville, si proche qu’elle fait partie désormais de Charleville-Mézières. C’est là-bas qu’il était né, d’un père belge et d’une mère française, le 12 septembre 1932. Roger Marche et Pierre Flamion était également originaires de là-bas. Il y débute le football comme avant-centre en 1945 et se fait vite remarquer. Il n’a pas tout-à-fait 17 ans quand il rejoint le Stade de Reims. Six mois plus tard, Henri Roessler, l’entraîneur, le fait débuter en équipe pro aux côtés des Marche, Jonquet, Paul Sinibaldi, Batteux ou Francis Méano. International junior, il est de nouveau retenu avec l’équipe pro un an plus tard. Cette fois, c’est Albert Batteux, passé entraîneur, qui fait appel à lui. Entre-temps, Kopa est arrivé. Les Rémois commencent à faire la loi dans le football français et les places sont chères. Lorsque les dirigeants marnais viennent chercher Léon Glowacki à l’ASTS, ils cèdent, outre un million et demi de francs, Bernard Delcampe et Antonio Abenoza à leurs homologues troyens. Nous sommes au début de la saison 52-53, Roger Courtois vient d’arriver comme entraîneur, ainsi que Pierre Flamion comme attaquant.

 

Finaliste de la Coupe de France

 

L’ASTS entame une période riche en exploits et Bernard, hyper actif au milieu de terrain, participe pleinement à la réussite de son équipe. C’est un joueur vaillant, volontaire, sans cesse en mouvement. Il promène sa chevelure flamboyante aux quatre coins du terrain. Récupérateur, passeur, centreur, il marque également. Courtois lui fera d’ailleurs tenir pratiquement tous les postes. L’ASTS est demi-finaliste de la Coupe de France en 1953 et 1954. Elle manque la montée en 1re Division de quelques points en 1953 mais y parvient en 1954. Elle possède à cette époque l’une des plus belles équipes de l’histoire du football troyen, avec les Landi, qui a succédé au malheureux Tonio Abenoza tué dans un accident de la route, Thuane, Czapski, Pordié, Thomas, Ferrad, Pietrzyk, Winkler, Césari, Bessonart, Flamion, Ben Tifour et, bien-sûr Delcampe. En 1955, elle se maintient de justesse, profitant du déclassement du Red Star convaincu de tricherie. Mais en 1956, elle redescend en 2e Division. Cependant, elle va parvenir jusqu’en finale de la Coupe de France, s’inclinant, hélas, devant Sedan, à Colombes. Une finale que Delcampe aura disputée grâce à un sursis de 48 heures accordé exceptionnellement par l’Armée, juste avant de partir en Algérie.

Démobilisé six mois plus tard, Bernard reprendra sa place  dans une équipe qui perd son grand ami Flamion en 1957, parti comme joueur-entraîneur à Limoges et qu’il finira par rejoindre en 1958, alors que les Limougeauds viennent d’accéder à la 1re Division. Il y évoluera jusqu’en 1965 puis s’engagera avec Poitiers, en CFA. D’abord comme joueur, puis joueur-entraîneur et, enfin, comme entraîneur, emmenant un temps le Stade Poitevin en 2e Division.

 

 L'ASTS finaliste de la Coupe de France 1956

De gauche à droite, au 1er rang : Erik Jensen, Ake Hjalmarsson, Fernand Devlaminck, Bernard Delcampe, Pierre Flamion.

Debout : Jean Thuane, Jacques Diébold, François Czapski, Jean Thomas, Saïd Ferrad, Pierre Landi.

 

 

Membre du Conseil Fédéral de la FFF

 

Lui qui n’avait qu’un simple CAP de fraiseur en poche, gravira la hiérarchie au sein d’une importante imprimerie poitevine spécialisée dans l’impression des emballages de produits laitiers. Il en deviendra le directeur commercial et du marketing. Mais cet homme, brillant et actif, sera également l’un des grands dirigeants du football français. C’est lui qui mettra en place le football des débutants. Grâce à lui, les tout petits pourront s’initier ludiquement au football. Membre du Conseil fédéral de la FFF, président de la Commission Nationale du football débutants, il fera preuve d’un sens aigüe des responsabilités. Ses convictions, sa force de travail et sa grande droiture lui vaudront de nombreuses récompenses et, entre autres, d’être élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite.

 

Bernard était marié à Ginette qu’il avait connu à Troyes, lorsque celle-ci était basketteuse à l’ASTS. Il était père de deux enfants, un garçon et une fille. Il était apparenté aux anciens footballeurs Pierre Diébold et Gérard Hoeltzener, ses beaux-frères.

A son épouse, à ses enfants, à sa famille, à ses proches et à ses amis, l’Estac présente ses plus sincères condoléances.




  

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