U17 : les déclarations
Les U17 de l'Estac se sont donc inclinés devant le RC Lens pour la troisième et dernière journée de la poule A des demi-finales du championnat de France, à Châlons-en-Champagne.
C'était la désolation dans le vestiaire troyen à l'issue de la rencontre et les cris de joie venant du vestiaire voisin, celui des Lensois, ajoutaient encore davantage à l'énorme frustration qui habitait chacun des jeunes joueurs de l'Estac. Ils y avaient tellement cru ! Ils avaient tellement lutté ! Et cette finale, qu'ils méritaient, qu'ils entrevoyaient encore à 15 secondes de la fin du temps additionnel, leur échappait pour s'offrir à leurs adversaires...
Toute la dramaturgie qui entoure souvent un match de football jaillissait en cette chaude après-midi châlonnaise. Heureuse pour les jeunes Artésiens, elle était du plus sombre scénario pour les Aubois. Leur entraîneur n'était pas le dernier à partager ces instants malheureux.
Voici les déclarations :

L'entraîneur des U17, Philippe Pinson (à droite) et son Farès Bouzid (entraîneur-adjoint) peuvent être félicités.
Philippe Pinson (entraîneur des U17 de l'Estac) :
" Ça s'est joué sur un détail, sur une situation qu'un joueur ne rencontre probablement qu'une fois dans sa carrière, quand c'est le gardien adverse qui marque un très beau but. Je n'ai jamais vu ça. Dire qu'une minute avant on touche leur barre... On peut aussi regretter ce carton rouge que donne l'arbitre à un Lensois et, surtout qu'il tienne compte du temps que met le joueur à quitter le terrain, pour l'ajouter dans le temps additionnel. Parce qu'on prend le but à 15 secondes du terme... Je retiens notre solidité, notre sérieux, notamment au milieu de terrain, et la grande valeur des garçons. Ils n'ont vraiment rien à envier aux qualités de leurs adversaires. Ils ont joué des matches de haut-niveau. On est très fiers d'eux. Ils nous ont amené là, à ce niveau, et c'est d'autant plus dur de finir comme ça. On va se retrouver lundi sur le terrain, à 16 heures, avec cette envie d'aller chercher quelque chose dans les compétitions futures. Ils nous confortent dans notre projet de formation."
Corentin Jean (capitaine de l'Estac) :
" C'est une grosse déception ! On était qualifiés jusqu'à la dernière seconde... Mais je pense qu'on sort grandis de cette aventure. On s'est tous bien entendus, il régnait une bonne ambiance dans le groupe. Sincèrement, je crois que techniquement comme physiquement on était au-dessus de nos trois adversaires. Après le match, on était abattus. Personne ne parlait dans le vestiaire. On voulait tellement y aller... Mais on a tous envie de rebondir et de gagner les prochaines échéances. Si personnellement, avec les U17, la Gambardella et les matches avec l'équipe de France, je ne suis pas fatigué ? Un peu oui, émoussé un peu physiquement et mentalement. J'ai encore souffert de crampes en fin de match, mais ce n'est pas le plus important. J'aurais tellement voulu encore jouer un match, cette finale avec tous les copains..."

Eric Sikora (entraîneur du RC Lens) :
" Cette belle équipe de Troyes nous a posé pas mal de problèmes en première mi-temps. On est mené sur un pénalty logique. On a pourtant deux belles occasions d'égaliser avant la mi-temps. A la pause, on a remis les points sur les "i". J'ai dit aux garçons que rien n'était perdu et que, parfois, dans le football, il y a des situations qui se retournent. On a eu le mérite d'y croire en seconde période et on a égalisé sur un coup de pied arrêté. Et puis on perd un joueur, expulsé à trois minutes de la fin. Et là, on a ce coup-franc de la dernière chance. Du coup, tout le monde est monté et notre gardien réussit une reprise de volée du pied gauche. C'est un truc de fou ! C'est tout à l'honneur des garçons qui ont su retourner une situation compliquée. "
Jean-Marc Furlan (entraîneur général de l'Estac) :
" Ce qu'il faut retenir et qui est important à mes yeux, c'est que c'est la troisième fois de suite que l'Estac parvient à disputer ces phases finales. Ce n'est pas anodin. Mais c'est comme la Coupe d'Europe. On n'y réussit pas tout de suite et on apprend toujours au fur et à mesure. Dans ce club, ce qui ressort et qui correspond à toutes ses équipes, c'est cette identité collective. C'est lié à l'état d'esprit de tous les entraîneurs. Certaines équipes sont bonnes parce que fortes d'individualités marquantes. Ici, à nos yeux, les belles équipes cohérentes sont celles qui ont d'abord un état d'esprit collectif. Avec l'expérience, on connaît les alléas du football. Même les meilleurs ont connu ce genre de mauvaise surprise. Mais il faut prendre de la hauteur, la défaite, c'est aussi formateur. Moi je constate que, pour la première fois on gagne deux matches. C'est une progression énorme. Cette peine que les garçons connaissent va leur permettre de se construire plus vite. Ça n'enlève pas la qualité de leur tournoi. C'est un coup du sort et en aucune façon une incompétence de leur part. Tous les grands entraîneurs le disent : pour gagner, il faut un peu de réussite. Ils en ont manquée. Mais ils ont accompli une progression gigantesque, ces joueurs de Pinson ! Ça nous donne des espérances pour les deux à trois années à venir. D'ici un an à 18 mois, certains pourraient postuler à l'équipe première. Ils ont accompli un superbe et merveilleux tournoi et on est fier d'eux. Ça donne beaucoup de fierté à l'ensemble du club."

Daniel Masoni (président de l'Estac) :
" C'est frustrant. Ils étaient pourtant au-dessus du lot. Dans le contexte, perdre comme ça dans les dernières secondes, c'est très dur. C'est dommage car ils ont fait un bon parcours. C'est le métier qui rentre et qui les rendra plus forts. On est fiers d'eux et bravo à leurs éducateurs. C'est la 3e année de suite que l'équipe atteint la phase finale. L'Estac fait désormais partie des grands clubs formateurs. Et ces jeunes font désormais aussi partie des grands."
Philippe Pichery (président de l'Association Estac) :
" J'ai suivi cette rencontre avec beaucoup d'émotion. Après le dénouement, j'ai dit à Philippe Pinson que j'étais fier de ce qu'ils avaient fait. On était entré par la petite porte en tant que deuxième de notre groupe et on a montré tellement de qualités qu'on sort par la grande porte. On pouvait aller au bout. Il faut surtout dire un grand merci à tout le groupe et à Philippe Pinson. On a tout de même battu Auxerre et Nancy ! Voir un gardien marquer de cette façon-là, de volée, alors que généralement, ils montent pour mettre la tête, ça ne se voit que tous les 50 ans. C'est la folie du foot. Bravo à Lens et à ses jeunes. Les nôtres vont connaître des heures et des prochains jours difficiles puis ils passeront à autre chose et penseront à l'avenir. C'est un groupe de grande qualité. Je suis persuadé que plusieurs, le moment venu, s'ils continuent comme ça, signeront un contrat pro. Ils ont simplement manqué de chance aujourd'hui. Ce n'est pas grave. Il ne faut retenir que le positif. Cela traduit en tout cas les progrès de notre centre de formation. Je pense qu'on ne doit pas être nombreux à qualifier nos U17 trois années de suite pour la phase finale. Ça doit se compter sur les cinq doigts de la main."

Henri Neveu, le gardien troyen, excellent, réalisa un tournoi de grande qualité
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