Pierre Sinibaldi n'est plus
Pierre Sinibaldi, l’un des meilleurs joueurs du football troyen, nous a quittés
Nous venons d’apprendre le décès de Pierre Sinibaldi et cette annonce nous laisse dans la peine. Surtout connu comme joueur pour son passage au Stade de Reims et, comme entraîneur, pour sa réussite à la tête du grand club belge d’Anderlecht, Pierre avait débuté sa carrière à Troyes, avec son frère Noël, qui portera également les couleurs rémoises.
Deux titres, une Coupe, et deux sélections
Pierre Sinibaldi était né en Corse, à Montemaggiore, au dessus de Calvi, le 29 février 1924. Il allait donc avoir 88 ans. Mais c’est à Marseille qu’il devait jouer ses premiers matches avec l’équipe de La Belle de Mai, du nom du quartier où il habitait. Il arrivait à Troyes avec Noël, à l’été 1942. Tous deux signaient à l’ASTS. Avant-centre percutant mais à la finesse de jeu remarquable, il était doté d’une jolie détente qu’il mettait au service d’un jeu de tête redoutable. Il s’était rapidement fait une réputation de buteur très efficace. Si bien que le Stade de Reims qui manquait de réalisme dans le groupe Nord du championnat de guerre, vint l’enlever aux Troyens, qui n’évoluaient qu’en Division d’Honneur, en novembre 43. Malgré ses débuts tardifs dans le championnat, il allait marquer 30 buts et terminer meilleur buteur, ex aequo avec le Lillois René Bihel.
Il deviendra, avant Bliard et Fontaine, le premier grand buteur de l’histoire du Stade de Reims, terminant meilleur buteur de Division 1 en 1947, avec 33 buts. Il sera champion de France en 1949 et en 1953, et gagnera la Coupe de France en 1950. Il sera sélectionné à deux reprises en équipe de France, contre l’Angleterre, à Colombes, le 19 mai 1946 (2-1 pour la France), puis le 17 octobre 1948, face à la Belgique (3-3), également à Colombes. Une grave blessure à un genou l’handicapera longtemps à partir de 1949 et il ne retrouvera plus les qualités qui étaient les siennes avant cette blessure.
L’entraîneur du grand Anderlecht
En 1953, il quitte Reims pour Nantes, puis rejoint Lyon en 1954, avec qui il ne dispute qu’un match et, enfin Perpignan, en décembre 1954.
C’est dans le club catalan qu’il débute, en 1955, une carrière d’entraîneur qui le mènera en particulier, après avoir été l’entraîneur de l’équipe nationale du Luxembourg, à Anderlecht, de 1960 à 1966. C’est sous sa direction que le grand club belge connaîtra ses plus belles heures, avec quatre titres de champion, une coupe de Belgique et une finale de Coupe européenne, celle des Villes de Foires, l’ancêtre de la Coupe de l’UEFA, lors d’un second séjour. Il officiera aussi à l’AS Monaco, de 66 à 68, puis, après son nouveau passage à Anderlecht (70-71), il ira entraîner en Espagne, à Las Palmas (71-75) puis Gijon (75-76). De retour en France, il aura la charge de La Ciotat puis de Toulon où s’achèvera son parcours de technicien. C’est d’ailleurs à Toulon qu’il s’est éteint le 24 janvier.
Au Panthéon des meilleurs joueurs troyens
Les plus anciens supporters troyens se souviennent encore de ce grand garçon timide dans la vie mais qui se transformait en prédateur de défenses dès qu’il posait ses crampons sur un terrain. Pierre Sinibaldi, indiscutablement, dans l’histoire du football troyen, occupe une place de choix, au niveau des tous meilleurs joueurs ayant porté ses couleurs.
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