
Les soucis de Furlan
Le souci, c’est que le nouvel entraîneur troyen va connaître ses premiers tracas. Du côté du poste de latéral gauche. Eloge Enza-Yamissi qui partait comme le titulaire du poste, s’est blessé. Il manquera la réception de Reims, pour être, en principe, de l’ouverture de L2 à Vannes le 6 août. Or, Fabrice Nsakala, qui devait le suppléer, doit purger une suspension d’un match. A Bardin-Gousserey, samedi, Furlan a testé Djibril Sidibé, avec succès, puisque le jeune troyen qui fêtera jeudi ses 18 ans, a, une fois de plus, laissé transparaître une belle maturité. Le problème, c’est qu’il s’est blessé à 10 minutes de la fin. L’IRM passée lundi après-midi n’a pas encore livré son verdict à l’heure où sont écrites ces lignes, mais, dans le meilleur des cas (ménisque), son indisponibilité ne devrait pas être inférieure à un mois. Un premier vrai casse-tête pour Furlan. Il ne possède plus, dans son groupe, qu’ un seul joueur capable de tenir le flanc gauche : Florian Jarjat. Le remaniement dans ce cas se déplacerait dans l’axe de la défense. Aux côtés de Sanz, Vincent Carlier serait donc titularisé. Le métier, le sang froid et la solidité de celui-ci, sont autant de gages positifs. C’est d’ailleurs cette solution qui fut adoptée à Romilly quand Sidibé fut contraint de sortir.

Défense et milieu déjà bien installés
Heureusement, le coach de l’Estac a rencontré davantage de motifs de satisfaction. Olivier Blondel en fait partie. Samedi, le nouveau gardien aubois a fait l’étalage de ses qualités : coup d’œil, détente, explosivité, lecture du jeu et sens du commandement. Rassurant pour bien voyager. La solidité de la défense est également apparue, d’autant que l’attaque sedanaise ne l’a pas ménagée. Avec un Marester toujours aussi solide et combatif, un Sanz très en jambes et au métier confirmé, et un Jarjat, sobre et toujours bien positionné, l’arrière garde troyenne présente quelques garanties, encore que c’est dans la durée qu’il faudra la juger et dans une configuration de compétition. Mais le fait de n’avoir encaissé qu’un but lors des rencontres préparatoires, prend toute sa signification.
Le milieu de terrain, doucement, s’est mis en place. Et les principes de jeu de Jean-Marc Furlan semblent bénéfiques pour tous les éléments le composant. Diallo Guidileye a une belle carte à jouer cette saison. Placé en sentinelle devant la défense, Diallo devrait exprimer tout le potentiel qu’il a laissé entrevoir depuis ses débuts. Joueur de devoir, on le sent aussi plus libéré, tout en demeurant concentré sur sa tâche. Abdou Sissoko pourrait devenir la belle satisfaction de cette saison. On connaît son abattage, son intelligence de jeu et ses facultés d’adaptation, étonnantes chez un joueur de 20 ans. Julien Faussurier, 23 ans, demeure l’élément précieux de l’entre-jeu. Sa polyvalence est un atout, mais Furlan a rapidement cerné la place où il apporte le plus à son équipe et il serait étonnant que Julien soit aussi « baladé » que les saisons précédentes. Quant à Mounir Obbadi, c’est réjouissant. S’il demeure constant dans son implication et sa concentration, il doit devenir celui qui imprime le tempo. Ses performances physiques, son endurance (que tous les tests confirment) au service de son aisance technique et de sa vision du jeu, doivent en faire l’un des maillons les plus forts du collectif.

Le secteur offensif encore en réglage
Dans le secteur offensif, celui pour lequel il reste encore le plus de réglages à effectuer, on a enregistré quelques belles satisfactions. Claudio Beauvue devrait encore monter d’un cran. Il a été sans cesse dangereux durant les 45 minutes où il a évolué à Romilly. A 22 ans, le jeune guadeloupéen, est un pugnace, dans son expression footballistique comme dans son mental. Il possède cet orgueil positif qui lui permet d’affronter toutes les situations. Et puis son jeu de tête que lui permet une détente rare, bien exploité, peut rendre de précieux services. Du caractère, Mathieu Duhamel en possède aussi. L’ex-cristolien apprend vite et son envie transparaît à chacune de ses prises de balle. Il achève ses réglages, prend ses marques, et se tient prêt à dégainer. L’arrivée récente de Marcos va nécessiter quelques mises au point. Sur ce qu’on connaît de lui, le Brésilien est un joueur qui n’adhère pas aux grigris qui, généralement, figurent dans la panoplie de ses compatriotes. Sa technique, il la met plutôt au service du collectif. Il évolue beaucoup pour et avec les autres. Yacine Bezzaz, côté gauche, lorsqu’il apparaîtra, devrait bien s’entendre avec lui. Les deux hommes ont déjà évolué ensemble à Strasbourg, et sous l’ère Furlan (A cette époque, le club alsacien jouait la montée en L1). Grégory Bettiol devrait retrouver cette saison l’étendue de ses qualités. L’ancien Gone ne manque pas d’envie ni de détermination. Il lui manque juste encore cette réussite qui devrait lui servir de déclic et gonfler son capital confiance.
Furlan pourra aussi compter sur la vitesse d’Abdeslam Akouzar et de Romain Tharradin, la percussion de Sega Keita et la détermination de Frédéric Vieillot. Des jeunes qui ont été précieux la saison passée et qui le seront tout autant cette saison. Seulement, entre le National et la Ligue 2, la différence est énorme. C’est la raison pour laquelle on demandera au public du Stade de l’Aube de se montrer indulgent et bienveillant à l’égard de tous ces jeunes.
Vendredi, pour l’ouverture officielle de la saison, l’affiche aux couleurs de derby, ne pouvait pas être plus alléchante. Le Stade de Reims termine lui aussi ses réglages. Le club marnais proposera de sérieux arguments. Tout cela promet ! Que la fête commence…








