Patrick Remy le ménagea mais lui confia un rôle majeur au milieu de terrain. Avec 28 matches en National, 3 en Coupe de la Ligue et 5 en Coupe de France, Jesper a tenu un rôle d’importance dans l’accession de l’Estac. Mais, alors que le club, unanimement, souhaitait le garder, il a émis le souhait de rentrer au pays. Une décision d’ordre familial que l’Estac respecte. Mikkelsen retourne donc chez lui, mais laissera le souvenir d’un garçon à la grande conscience professionnelle, discret et calme, apprécié de tous, et d’un footballeur à l’excellente vision de jeu et à la technique épurée, juste et spontanée. A bientôt 30 ans, il va retrouver sa famille, accompagné de Mette, son épouse, et de sa petite troyenne, sa fille Maya, née ici en juin dernier.

Jesper, vous avez décidé de quitter Troyes et de rentrer chez vous, au Danemark. Pour quelle raison ?
Cela faisait deux à trois mois qu’on en parlait avec ma femme. On se plaisait beaucoup à Troyes. Votre ville et votre région sont très agréables. Nous avons beaucoup apprécié notre vie ici. Mais notre famille nous manque. Pour la petite aussi, c’est bien de revenir et de se rapprocher de nos parents. J’ai de plus été approché par un club de Ligue 1 danoise, le FC Silkeborg que je connais bien, puisque j’ai habité quatre ans là-bas alors que je jouais à 30 km de là. Le championnat danois est un bon championnat. Je regretterai de ne pas avoir pu évoluer en Ligue 2 française mais je garderai un bon souvenir de mon passage en France.
Quel souvenir garderez-vous justement de cette saison ?
On a réussi l’objectif qui était de remonter. C’est très important car il y avait eu beaucoup de déception avec deux descentes et une montée manquée en Ligue 1 alors que nous y étions presque. Le National est un championnat très dur. Mais nous avons fait une bonne saison. Pour ce qui me concerne, j’ai ressenti un peu de fatigue lors des trois ou quatre derniers matches. C’est logique après avoir été contraint à l’inactivité durant 18 mois. Finalement, j’ai pu jouer beaucoup de matches, alors que je pensais n’en disputer que 20 à 25. En fin de compte, j’en aurai joués beaucoup plus, 36 au total.
Partez-vous sans regret ?
Bien sûr que non. Je vous l’ai dit, je garderai un bon souvenir de mes deux années et demie. J’ai rencontré des gens sympathiques. J’ai pu apprendre votre langue et j’en profite pour remercier mon professeur, Thierry Plumey, qui est devenu un véritable ami. Au début, ce fut dur. J’étais seul et blessé. Ce fut vraiment difficile, avec toutes ces séances de musculation. Mais cette dernière année a été très bonne et je ne regrette pas en tout cas d’avoir travaillé si dur.
L’Estac a-t-elle tenté de vous retenir ?
Le coach voulait me garder, mais ma décision était prise. Ça n’a pas été facile. Beaucoup de choses pouvaient me retenir ici, mais j’ai considéré que retrouver ma famille primait avant tout. Maintenant, je vais suivre les résultats de Troyes. L’Estac est un très bon club. Je suis fier d’avoir pu porter ses couleurs et d’avoir pu apporter mon concours à son retour en Ligue 2. Ne pas y avoir contribué aurait été pour moi ressenti comme un échec. Finalement, si mes débuts furent très compliqués, tout se termine bien. Je ne vous oublierai pas et j’emporte avec moi toutes les marques de gentillesse qui m’ont été témoignées. Merci à tous.








