Saison 2000-2001

Saison 2000-2001

Pour sa seconde saison en 1ère Division, l’Atac a changé de nom. La chaîne de magasins du même nom a souhaité que le club troyen cesse de porter cette appellation qu’elle a déposée. Les dirigeants troyens, après une large consultation auprès des membres, choisissent Estac, Espérance Sportive Troyes Aube Champagne. Avec toujours le plus petit budget de D1, 90 M de francs, Alain Perrin reconstruit son équipe dans le but d’obtenir un nouveau maintien, mais de manière plus confortable que la saison passée. La D1 comporte toujours 18 équipes et les trois derniers descendront. Comme d’habitude, le stage de préparation a lieu à Saint-Gervais, au pied du Mont-Blanc.
Plusieurs joueurs quittent le club : les prêtés Lang et Zeitoun, ainsi que Rival, Lobé, Wéber et Raphaël Nadé, tandis que Nicolas Dehon choisit de mettre un terme à sa carrière de joueur pour rejoindre le staff technique et devenir l’entraîneur des gardiens.
Côté arrivées, les gardiens Hervé Sekli (Gazelec Ajaccio) et Eddy Heurlié( Le Lamentin, Martinique), les défenseurs Mehdi Méniri (Nancy) et Yannick Zambernardi (Gazelec Ajaccio), les milieux de terrain Carl Tourenne (Lille), Jérôme Rothen (Caen) et l’international suisse Fabio Célestini (Lausanne) et l’attaquant Nicolas Goussé (Metz) rejoignent l’Estac. Tony Heurtebis, qui était prêté par Rennes, est définitivement transféré, alors que le jeune Mamadou Niang, révélé la saison passée avec la réserve, rejoint l’effectif pro.


Le vendredi 28 juillet, l’Estac ouvre à Marseille. L’OM ouvre le score sur penalty dès la 10e minute par Florian Maurice. Boutal égalise à la 21ème, mais Gallas redonne l’avantage aux Phocéens juste avant le repos. Ceux-ci inscriront un troisième but par Adriano, le Brésilien, dans le temps additionnel, juste après l’expulsion de Méniri. Pour le premier match au stade de l’Aube, devant 12786 spectateurs, le 5 août, Toulouse vient chercher le nul, 1-1. L’Estac va accomplir un gros match à Bordeaux. Goussé ouvre le score mais Dugarry égalise, avant d’être expulsé avant la mi-temps. Goussé marque de nouveau avant l’heure de jeu et l’expulsion de Zavagno. Afanou permettra alors aux Girondins d’éviter la défaite. Mais ce 2-2 et la qualité de la prestation troyenne a impressionné les observateurs. Une semaine plus tard, les Troyens confirment en disposant d’Auxerre 1-0. Battus à Lyon dans les arrêts de jeu, 1-0, ils reçoivent le Paris SG le mercredi 6 septembre. Le match va être exceptionnel, probablement l’un des tous meilleurs matches livrés par une équipe troyenne. Dès la 2ème minute, Djukic ouvre le score sur penalty. Laurent Robert égalise puis donne l’avantage à son équipe au repos. Dès la reprise, Rothen, sur un fantastique coup franc, inscrit son premier but sous les couleurs troyennes et égalise. A la 57ème minute, Arpinon transforme un penalty et l’Estac passe devant. A la 69ème, Robert marque malencontreusement contre son camp, puis l’inévitable Djukic porte la marque à 5-2, avant qu’Anelka la clôture à 5-3. Ce soir-là, ce n’est plus Paris qui est magique, mais bel et bien Troyes !

Perrin et ses hommes gagnent à Lille 1-0, et sont 4èmes, mais vont ensuite être injustement battus chez eux par Strasbourg, la lanterne rouge, 1-0. En six minutes de folie, le match bascule : 32’ : expulsion de Zavagno, 35’ : expulsion d’Arpinon, 38’ : penalty pour Strasbourg transformé par Bertin. L’arbitre, M. Fraise subira les foudres du public troyen. L’équipe auboise se venge en gagnant à Lille, 2-0, mais est toute heureuse d’égaliser à la 90’ par Ghazi contre Sedan, au stade de l’Aube (1-1) Après deux nuls, à Metz, 2-2, et à domicile face à Bastia, 0-0, elle bat le champion sortant, Monaco, 1-0, grâce au crâne dégarni d’un exceptionnel Djukic. Début novembre, pourtant, elle tombe de haut à Saint-Etienne, 4-1, se reprend, à la maison contre Lens, 1-0, mais rechute lourdement à Lens, 4-0. La fin novembre confirme le passage à vide : défaite à domicile devant Guingamp, 1-0, et chez le dernier, Toulouse, 2-1. Dixièmes à la fin des matches aller, les Troyens ont cependant réalisé de bonnes prestations et la campagne d’abonnement qui s’achève avec la phase aller, a battu tous les records : 9816 abonnés ! L’année s’achève sur une victoire devant Bordeaux 1-0, un nul largement mérité à Auxerre, 2-2, avec les deux buts auxerrois sur des penalties sévères, la réception victorieuse de Lyon,1-0, et un excellent nul à Paris,0-0.

Pour le premier match de championnat de l’année, l’Estac gagne contre Lille 2-1 au stade de l’Aube. Elle obtient le nul 3-3 à Strasbourg, mais s’incline, encore une fois, à Sedan, 2-1, alors qu’elle aura mené 1-0 de la 4ème à la 79ème minute. Mionnet donnera la victoire d’uns talonnade chanceuse à la 94ème. Entre-temps, fin janvier, un nouveau joueur s’est engagé jusqu’à la fin de la saison : l’ancien lyonnais et marseillais Eric Roy, expérimenté milieu de terrain en provenance de Sunderland, D1 anglaise. Les Troyens battent successivement, à domicile, Metz, 3-2, et Rennes, 3-1. Ils ramènent un nul de Bastia, 2-2, mais s’inclinent avec les honneurs à Monaco, 4-3. Frédéric Arpinon quitte le club le 15 mars pour le championnat écossais et les Hibernians d’Edimbourg. Le 7 avril, le record d’affluence du stade de l’Aube tombe avec la venue de Saint-Etienne (0-0) : 17268 spectateurs. Le futur champion de France vient faire un pas de plus vers le titre en s’imposant 1-0 au Labourat. A Lens, l’Estac partage les points, 1-1. Elle en fait de même à Guingamp, 1-1. La saison s’achève en apothéose le 19 mai au stade de l’Aube avec la venue de Marseille et un nouveau record d’affluence : 17756 spectateurs, ce qui donnera une moyenne de 14940 pour la saison. Le nul 1-1 suffit au bonheur des deux équipes. L’Estac se classe 7e et se qualifie pour la coupe Intertoto, la première qualification d’un club troyen pour une compétition européenne. Djukic est le meilleur buteur de l’équipe avec 12 buts et la réserve, 14e du groupe A, se maintient en CFA.

Si l’Estac aura réalisé un excellent parcours en championnat, le meilleur jamais réussi par une équipe troyenne, elle aura aussi brillé dans les deux coupes nationales. En coupe de la Ligue, elle aura livré tous ses matches à domicile, éliminant Créteil (D2) 3-0 en 16e et Nancy (D2) en 8e, s’inclinant en quart devant Nantes, 1-0.
C’est en coupe de France qu’elle aura fait rêver toute une population qui s’était mis à croire à une finale au stade de France et à une possible victoire. Tout avait commencé par une superbe qualification à Lens, en 32ème de finale. Menée 2-1 à deux minutes de la fin, l’Estac égalisait par Djukic. La prolongation ne changeait rien et les Troyens se qualifiaient 5-3 aux tirs au but. En 16ème, ils sortaient Sens (DH) à Auxerre, 3-1. En 8e, au stade de l’Aube, ils éliminaient Wasquehal (D2), 3-1. En quart, ils s’imposaient à Grenoble (National) 4-2 après prolongation. La demi-finale se jouait le 21 avril à Amiens. L’équipe locale, alors en National, 3ème et en passe de remonter enD2, paraissait à la portée des joueurs de Perrin. La veille, dans l’autre demi-finale, Strasbourg s’était qualifié contre Nantes Tout le monde voyait une finale Strasbourg-Troyes au stade de France, avec de réelles chances de ramener la coupe dans l’Aube. Seulement, c’était sans compter sur la détermination des Picards. 0-0 à la mi-temps. Perrin faisait rentrer son joker, Niang, à l’heure de jeu. Le jeune Mamadou qui avait déjà dénoué de semblable situations, parvenait à marquer, mais l’arbitre, M. Sars, alerté par son assistant, refusait le but, soupçonnant le Troyen d’avoir contrôlé le ballon du bras. Les images prouveront pourtant que le but était bien valable, le contrôle du ballon ayant été effectué avec le haut de la poitrine, à l’épaule. Aucun but ne sera finalement inscrit et les tirs au but seront fatals aux Aubois. Hamed et Djukic qui n’avait jamais manqué un penalty, voyaient le portier amiénois Julien Lachuer, frère de Yann, stopper leurs tirs. Amiens ira donc au Stade de France, mais c’est Strasbourg (avec Amzine) qui enlèvera le trophée.

 

L’effectif 2000-2001


Gardiens :
Eddy Heurlié, Tony Heurtebis, Hervé Sekli.

Défenseurs : Sékou Berthé, Mohamed Bradja, Samba Diawara, Olivier Fugen, David Hamed, Richard Jézierski, Mehdi Méniri, Pascal Renier, Olivier Thomas, Yannick Zambernardi, Luciano Zavagno.

Milieux : Frédéric Adam, Frédéric Arpinon, Fabio Célestini, Jérôme Monier, Jérôme Rothen, Eric Roy, Carl Tourenne.

Attaquants : Samuel Boutal, Sladjan Djukic, Farid Ghazi, Nicolas Goussé, Nordin Jbari, Damlaba Mendy, Mamadou Niang, Rafik Saïfi.

Staff : Alain Perrin (entraîneur-manager général), Serge Romano (entraîneur adjoint), Christian Jahan (adjoint-préparateur physique), Nicolas Dehon (entraîneur des gardiens), Carlos Lopez (entraîneur réserve).