Saison 1993-1994

Saison 1993-1994

C’est donc un jeune entraîneur, guère connu, qui arrive à l’Atac en juin 93. Alain Perrin n’a pas encore 37 ans. Le président Masoni qui le suivait depuis quelques temps, a réussi à l’imposer à son comité directeur, de préférence à l’Anglais Bobby Brown, l’autre candidat. Responsable de la formation à Nancy dont il dirigeait la réserve, Perrin n’a pas accompli de carrière de footballeur professionnel, mais il a déjà une petite réputation de parfait tacticien et d’organisateur. Il prend en charge un club qui a besoin d’un nouvel élan et qui aborde une compétition neuve, le National 2, avec l’espoir de s’y comporter du mieux possible et de grimper d’un échelon, si cela pouvait sourire. La réserve, qui évoluera en National 3, sera confiée à un autre jeune technicien à la flatteuse réputation, Franck Lorenzetti, professeur d’EPS de son état, 28 ans, ancien joueur amateur de Reims et Dijon et qui possède une première expérience d’entraîneur réussie avec l’USM Romilly. Enfin, Jean-Louis Coustillet, ex-entraîneur, est de retour après une année sabbatique et occupera un poste de secrétaire-manager.


L’effectif va subir de profonds changements. Quittent le club : Monier et Stéphane Grenier, pour Valenciennes, Aussems vers La Réunion, via l’Alliance de Lima, au Pérou, Faure à Niort, Gauthier retourne à Baumes-Isle et Harvey pour Saint-Brieuc. Ils vont être remplacés par Olivier Thomas, 18 ans, jeune défenseur que Perrin amène dans ses bagages depuis Nancy, Hervé Louis-Marie, 22 ans, défenseur, venu de Béthune, les attaquants Marc Badiali, 25 ans, ancien de l’OGC Nice, venu de Vallauris, et Philippe Ménétrier, 24 ans, qui se distinguait avec Bologne, club haut-marnais de Promotion de Ligue, adversaire, la saison précédente, de l’Atac en coupe de France. Enfin, le jeune Mory Komara, absent la saison dernière pour blessure, revient.

Débuts laborieux


Après un stage à Clairefontaine, le début de championnat va être laborieux. Pourtant, le premier match à Auxerre, face à la réserve bourguignonne, le 14 août 93, en lever de rideau d’Auxerre-Brest, est encourageant. Devant les Charbonnier,Taribo West, Rabarivony, Danjou, Lachuer, Deniaud, Diomède, Laslandes, les Troyens vont mener 1-0 au repos grâce à Alonzi, puis 2-0 jusqu’à quatre minutes de la fin après la réalisation de Mouyémé, après l’heure de jeu. En deux minutes, Laslandes(86e) et Deniaud (88e) rétabliront la parité : 2-2. Une semaine plus tard, à Troyes, les Aubois sont tenus en échec par Saint-Malo que l’on annonce parmi les prétendants à l’accession. A Caen, face à la réserve caennaise, ils prennent la leçon : 4-1 ! Et comme début septembre, au stade de l’Aube, ils ne peuvent battrent les réservistes havrais (2-2), tout le monde se dit que c’est décidément mal engagé. L’Atac pointe à la 13e place, avec trois points, alors que les Malouins en ont déjà engrangés sept.

L’accident en coupeLa suite va pourtant confondre tous les détracteurs. Le déclic a lieu à Vannes, le 11 septembre. Les hommes de Perrin s’y imposent 6-2, avec un triplé de Badiali. Ce premier succès va en entraîner d’autres. Lisieux s’incline au stade de l’Aube, 2-0 (doublé de Badiali). Suivent deux victoires à l’extérieur : 3-1 à Saint-Lô (doublé de Mouyémé) et 1-0 à Châteaudun. Viry-Châtillon repart ensuite avec une défaite 2-1. L’entrée en coupe de France, au 4e tour, est une formalité : 4-0 à Chaumont (DH). Suit une précieuse victoire chez l’un des ténors du groupe, le Racing Paris 92, 3-1. Fin octobre, pour le 5e tour de la coupe de France, c’est l’accident ! Malgré l’avantage du terrain et une quasi constante domination, l’Atac se fait sortir par Epernay (N3), 1-0. Un nouveau joueur va alors s’engager. Profitant de la liquidation de l’équipe professionnelle de 2ème Division d’Annecy, Carlos Pinho, milieu de terrain de 24 ans et ancien sedanais, rendu libre, est recruté. La marche en avant troyenne va reprendre. La réserve de Rennes, le leader du moment, vient et perd 3-0. Les trois buts sont l’œuvre de Georges Mouyémé. L’Atac rejoint Saint-Malo, tenu en échec par la réserve guingampaise, à un point d’Auxerre et Rennes, co-leaders. Suivent une victoire à Vitré, 1-0, et à domicile contre la réserve du Paris SG, 4-0, avec un doublé de Paternoga, puis deux nuls 1-1, à Guingamp et devant Fontainebleau, au Labourat. L’année se terminera sur un succès à Poissy, 3-0.

La victoire à Saint-Malo


L’année 1994 commence timidement, par un nul concédé à La Montagnarde, 1-1, au stade de l’Aube. Le choc de la saison a lieu à Saint-Malo le 29 janvier. Les Troyens précèdent les Malouins de deux points mais avec un match en plus. Le vainqueur peut prendre une option. Un but de Bradja va donner la victoire à Laigneau et ses coéquipiers, 1-0. Les Bretons ne se remettront jamais de cet échec et vont abandonner de nombreux points par la suite. L’Atac est désormais sur une voie royale. Elle passe un 3-0 à ses visiteurs caennais, s’impose chez la réserve du Havre, 1-0, va faire pleurer Lisieux 3-0, balbutie quelque peu à domicile,1-1, devant Saint-Lô, mais se reprend devant le dernier, Châteaudun, malheureux visiteur, 3-1, partage les points in extremis à Viry-Châtillon, 1-1, avant d’écraser Vannes 5-0, avec quatre buts de Paternoga dans un stade de l’Aube en joie et qui s’apprête à accueillir un dernier rendez-vous important avec la venue du Racing 92, le seul à pouvoir encore entraver le projet troyen. Devant 1624 spectateurs, les deux équipes ne pourront se départager, 1-1. Mais l’Atac frappe ensuite un grand coup à Rennes, où elle s’impose 4-3 (trois buts sont marqués en trois minutes : 33e et 35e: Mouyémé, 34e : Frédéric Adam).

L'accession à Fontainebleau


Vitré battu 4-1 à Troyes et le PSG tenu en échec chez lui, 1-1, ne peuvent freiner la progression des hommes de Perrin, pas plus que Guingamp, défait au Labourat, 3-0. Si bien que l’accession peut se jouer à Fontainebleau où un point suffit. De nombreux supporters aubois vont assister à la victoire troyenne, 3-2. Joueurs et entraîneur finiront sous la douche, tout habillés ! Nullement démobilisés, les Troyens vont battre Poissy qu’ils accueillent, 4-1, puis iront défaire La Montagnarde, 2-0. Invaincus depuis le 28 août 93, leur seule défaite depuis neuf mois, ils vont défier le vainqueur du groupe lors de l’ultime rencontre, le 28 mai, au stade de l’Aube. Ce sera une grande fête, avec la venue de la réserve auxerroise, devant 2699 spectateurs. Les jeunes de l’AJA qui, deux semaines plus tard, seront champions de France de N2, confirmeront leur supériorité, 3-0. Rien de plus logique lorsque, plus tard, on examinera la feuille de match et les noms qui composaient l’équipe de Daniel Rolland, les Le Crom, Danjou, West, Rémy, Violeau, Deniaud, Lachuer, Diomède…Avec 27 buts inscrits en 28 matches, Georges Mouyémé est le meilleur buteur des quatre groupes de National 2. Ses performances lui vaudront d’être retenu par Henri Michel dans la sélection du Cameroun qui disputera le Mondial aux Etats-Unis et de signer un contrat professionnel avec Angers, en 2e Division. La réserve aura accompli un fort honorable parcours, terminant 8e, sur 14, de son groupe de National 3. (à suivre)

 

L’effectif 1993-1994


Gardiens : Nicolas Dehon, Olivier Tingry.

Défenseurs : Armando Alonzi, Mohamed Bradja, Eric Gagneux, Hervé Louis-Marie, Pascal Louvrier, Jean-Louis Montero, Johan Petitjean, Eric Soulié, Edouard Thomas, Olivier Thomas

Milieux : Fabrice Douet, Mory Komara, Christophe Laigneau (cap.), Samuel Larique, Laurent Le Fèvre, Lilian Lesage, Laurent Marchand, Dominique Paternoga, Carlos Pinho.

Attaquants : Marc Badiali, Zoran Delibasic, Philippe Ménétrier, Georges Mouyémé, Samuel Petitjean. 

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