Saison 1989-1990

Saison 1989-1990

Le 7 juin 1989, Maurice Cacciaguerra annonce qu’il quitte la présidence, conformément à ce qu’il avait affirmé au début de la saison. En attendant d’élire un nouveau président, c’est une direction collégiale de 5 membres qui va gérer le club. Celle-ci est composée de Julien Arénas, Yves Eulaffroy, Philippe Levielle, Gilbert Mourier et Michel Santier. Elle s’installe jusqu’à la fin de l’année avant que soit nommé le prochain président. Comme le club accuse un déficit d’environ 750 000 francs, la première décision est de prôner la rigueur. Certains joueurs cadres vont donc partir : Bageot, Stoiljkovic, Nugent, Tokodi et Foster. Bevilacqua, L’Honneur, Vérot et Chanet quittent également le club.


Côté recrutement arrivent Eric Gagneux (AJ Auxerre), Pascal Dupuy (Municipaux de Troyes corpo), le Romillon Lilian Lesage (Beauvais) et le Troyen d’origine Eric Linger (Meaux). Ils seront rejoints, juste avant le début du championnat, par Christophe Laigneau (Le Puy) qui a évolué à Laval (avec qui il a joué une dizaine de matches en 1ére Division), à Chaumont (où Pierre Flamion l’a connu), puis courant septembre, par le Yougoslave d’origine monténégrine, Zoran Delibasic. Bien entendu, Jean-Louis Coustillet est confirmé à son poste d’entraîneur, alors que Gérard Léchenet devient l’entraîneur de la réserve, désormais en DH.


Le coup de génie de Philippe Eullaffroy


D’entrée, fin août, pour la première journée du groupe F de 4e Division, l’ATAC se déplace chez l’un des favoris, la réserve professionnelle d’Orléans. Elle en ramènera un nul prometteur, 1-1. En revanche, pour le premier match au stade de l’Aube, devant 902 spectateurs et malgré une évidente domination, elle manquera de lucidité et concèdera un 0-0 frustrant. Une semaine plus tard, elle s’incline à Decize, 1-0 sur penalty. Si bien que ce début de championnat est décevant même si le club n’a pas fait de l’accession son principal objectif, l’assainissement des finances étant prioritaire. Le 16 septembre, 800 spectateurs seulement se sont déplacés au stade de l’Aube pour assister au derby contre Epernay. Sur le coup d’envoi en faveur des Troyens, Linger glisse le ballon à Eullaffroy. Celui-ci a remarqué que le gardien sparnacien, Féodoroff est encore à la hauteur de ses 16 mètres. Alors, le jeune Troyen va tenter et réussir une fabuleuse frappe de 52 mètres et ouvrir le score, 5 secondes après le début du match. A ce jour, il s’agit toujours du but le plus rapide inscrit au stade de l’Aube ! Les joueurs de Robert Buigues égaliseront juste avant la demi-heure de jeu, mais Linger donnera la victoire à ses couleurs à la 86e minute. L’Atac passe alors de la 9e à la 3e place. Elle va s’imposer ensuite chez le leader, la réserve tourangelle, 2-0, puis à Châteauroux, face au club de Saint-Christophe, 1-0. Comme elle récupère 1 point sur tapis vert (Orléans a aligné un joueur non qualifié lors de la 1ère journée), elle n’est plus qu’à un point de l’AJ Auxerre C, le nouveau leader. 1461 spectateurs sont présents au Labourat le 7 octobre pour la venue de Joué-les-Tours. Hélas, les hommes de Coustillet vont perdre 2-1. Ils vont se reprendre à Bourges, 3-1, mais vont être encore tenus en échec ensuite sur leur terrain,1-1, par Moulins pourtant réduit à 10 pendant plus d’une demi-heure.

Même si l’ATAC remporte largement son match d’entrée en Coupe de France, au 4e tour au stade de l’Aube face à La Rivière-de-Corps (Promotion de 1ère Division) 6-0, on se dit qu’elle n’est décidément pas à l’aise sur son terrain, où elle n’a gagné qu’un seul des 4 matches qu’elle y a disputés, alors qu’elle parait plus à l’aise hors de ses bases, avec 3 succès consécutifs. Elle confirme d’ailleurs cette caractéristique le 5 novembre à L’Abbé Deschamps en battant nettement la 3e équipe auxerroise, 3-0, qu’elle rejoint au classement, à 1 point de Corbeil, nouveau leader.


Champion d’automne

Pour le 5e tour de la Coupe de France, l’ATAC va souffrir, mais réussir à passer à Châlons-sur-Marne (DH), 1-1 après prolongations, Petitjean n’égalisant qu’à 9 minutes de la fin du temps règlementaire, et 5 tirs au but à 4, après 8 tirs de chaque côté et 3 exploits de Dehon. Au tour suivant, à Troyes, face à une autre DH, Chevillon, la qualification sera plus aisée, 5-1, dont un triplé de Laigneau. En championnat, les Troyens renouent avec la victoire à domicile, Delibasic marquant l’unique but de la rencontre dès la 9e minute, en trompant le gardien de l’INF Clairefontaine, un certain Wimbée. Ils seront nettement plus prolixes le 9 décembre, à Troyes, aux dépens de la lanterne rouge, Gien, écrasée 7-0 ! Au cours de ce match, Dehon, blessé avant la demi-heure de jeu, laissera sa place dans les buts à Le Fèvre. Pour l’ultime rencontre de l’année, l’ATAC se déplace chez Saint-Christophe de Châteauroux qu’elle a déjà battu en championnat. Pourtant, elle ne franchira pas le cap du 7e tour de la Coupe de France, éliminée 2-0, malgré la belle prestation de Thierry Villain qui supplée ce jour-là Nicolas Dehon. Les Troyens, qui n’ont pu se déplacer à Corbeil le 2 décembre, le terrain étant impraticable, vont disputer cette rencontre avant la reprise, après la trêve de fin d’année. Le 13 janvier 1990, ils vont partager les points avec l’un des ténors du championnat, 1-1. Ils bouclent ainsi la phase aller en tête, devançant l’AJA d’un point, Corbeil et Joué-les-Tours de deux points. Ils sont champions d’automne…en plein cœur de l’hiver.


Une fabuleuse série

Cette pôle position va donner des ailes à l’équipe auboise puisqu’elle va enchaîner une formidable série de 9 matches sans défaite et sans encaisser le moindre but. Le capitaine Nicolas Dehon et ses coéquipiers vont successivement gagner à Fontainebleau, 2-0, contre Decize à domicile, 2-0, à Epernay, 4-0, devant Tours, 2-0, concéder le nul 0-0 face à Châteauroux, à Troyes, vaincre 2-0 à Joué-les-Tours, battre Bourges à domicile 3-0, puis Moulins chez lui, 1-0. Ce soir du 31 mars, le but de Jean-Christophe Simonin envoie officiellement l’Atac en 3e Division. Une semaine après, 1647 spectateurs sont venus fêter l’évènement au stade de l’Aube, face à l’équipe C d’Auxerre. L’Atac ne pourra leur offrir une victoire (0-0).

La mission remplie, les garçons de Coustillet vont se relâcher. Contre toute attente, ils vont s’incliner chez l’avant-dernier, l’INF Clairefontaine, 1-0, puis à domicile, devant Corbeil, 2-0. Heureusement, ils vont mieux conclure et gagner à Gien, 3-0, avant de recevoir et battre la réserve orléanaise, 2-1. Au final, ils sont premiers avec 8 points d’avance sur l’AJA et 9 points sur Tours qui monte également. Avec chaque vainqueur des 8 groupes, l’Atac va jouer le titre. Le 20 mai, au stade de l’Aube, les deux buteurs maison, Petitjean et Delibasic qualifient leur formation pour les demi-finales, 2-0. Une semaine plus tard, cependant, celle-ci ne pourra profiter du nouvel avantage du terrain et, si Delibasic ouvrira le score à la 64e, Blagnac égalisera à la 81e et s’imposera durant les prolongations, 2-1. Déception pour les Troyens qui espéraient devenir champions de France de D4 car la finale devant se dérouler à Troyes. Le 1er juin, c’est le FC Rouen entraîné par Daniel Zorzetto qui sera sacré au stade de l’Aube après avoir triomphé de Blagnac, 1-1 après prolongations et 5 tirs au but à 4.

L’assemblée générale du 26 janvier 90 va officialiser l’élection d’un nouveau président pour succéder à la direction collégiale des cinq membres qui gérait le club depuis le début de la saison. C’est l’un de ces 5 membres qui sera élu en mars : Michel Santier. Celui-ci, directeur général des Services Techniques de la Ville de Troyes connaît parfaitement le monde du football. A 52 ans, ce Breton, né à Jugon, a fait ses études d’ingénieur de l’Equipement à Paris tout en évoluant, sous licence amateur, au Stade Français, alors en 1ère Division, aux côtés des Bonifaci, Bourbotte, Lerond, Skiba, ou les anciens Troyens Staziak, Duplenne,et Wadoux. Il deviendra international amateurs et même capitaine de l’équipe de France (15 sélections). Muté professionnellement à Nancy, il jouera alors avec le FC Nancy en 2e Division puis en CFA après la relégation du club lorrain. Il évoluera successivement à Blénod puis, comme joueur-entraîneur, à Lunéville et Jarville. Détenteur du DEPF, le diplôme d’entraîneur professionnel de football, (vice-major de sa promotion derrière Robert Herbin et devant Gérard Banide et Antoine Redin), il entraînera Saint-Brieuc (CFA) avant de se consacrer complètement à sa profession. Détaché par son ministère, il mènera la Mission Interministérielle pour la candidature de Paris aux Jeux Olympiques 92. En 1987, il arrive à la Mairie de Troyes et s’implique immédiatement, comme dirigeant, à l’Atac. Il recommandera notamment la venue d’Alain Perrin lorsque Angel Masoni, son successeur à la présidence souhaitera le recruter et sera à la base du déclenchement des travaux d’aménagement du stade de l’Aube qui le projettera vers sa configuration actuelle. Incontestablement, cet homme intègre et discret aura été l’un des grands présidents de l’Estac.

 

L’effectif 1989-1990


Gardiens : Nicolas Dehon, Philippe Nafger, Thierry Villain

Défenseurs : Mohamed Bradja, François Defaix, Eric Gagneux, Eddy Jaworski, Pascal Louvrier, Frédéric Montavit, Edouard Thomas.

Milieux :
Mory Komara, Hamed Labdi, Christophe Laigneau, Laurent Le Fèvre, Lilian Lesage,Eric Soulié.

Attaquants : Giovanni Bevilacqua, Zoran Delibasic, Pascal Dupuy, Philippe Eullaffroy, Eric Linger, Samuel Petitjean, Pombolo Sadi Wa (jusqu’au 20-12-89. Part à Lucé) Jean-Christophe Simonin.

Entraîneur : Jean-Louis Coustillet. 

Adjoint : Gérard Léchenet.

 

FIL INFO

La Boutique de l'Estac

La boutique de l'Estac

Voir
Billetterie en vente Billetterie

Billets en vente

Réservez vos billets

Autour de l'Estac