Estac Troyes

Féminines

France-Israël : que la fête commence !

Mercredi 26 Octobre 2011 à 16h48

Ce soir, le Stade de l'Aube deviendra la preuve évidente que le football féminin a acquis, tout au moins au niveau de son équipe nationale, une audience désormais importante. On devrait approcher de très près, voire dépasser, la barre des 10000 spectateurs. Et encore, si nous n'étions pas en pleine période de vacances scolaires, probablement que ce chiffre aurait été largement dépassé. La cause de cet engouement réside évidemment dans les résultats que les footballeuses françaises viennent d'obtenir, à commencer par la victoire de l'Olympique Lyonnais en Ligue des Champions et la demi-finale de l'équipe de France en Coupe du Monde, assortie de sa qualification pour les Jeux Olympiques 2012, à Londres.

La femme est l'avenir du football

 

La télévision (Direct 8 suit tous les matches internationaux) mais aussi la presse écrite, les radios, la couverture médiatique est désormais importante. Il est loin le temps où nos joueuses devaient se dévêtir pour faire parler d'elles. « L'Equipe » et « France-Football », pourtant chiches pour ouvrir leurs colonnes au sport féminin en général et au football en particulier, s'y mettent également. Il faut dire que, brusquement, on découvre que le football est également intéressant dans son expression féminine. Les filles ont, il est vrai, réalisé de gros progrès, notamment tactiques. Et l'esprit dans lequel elles pratiquent est particulièrement rafraichissant et si distant de certains comportements masculins. Aujourd'hui, les Necib, Bompastor, Thiney, Abily, Bussaglia, Thomis, Delie, Le Sommer, Georges et consoeurs sont presque autant connues que les internationaux masculins.

 

Match piège

 

Les Françaises abordent ce soir la rencontre piège par excellence. Israël, bon dernier du groupe 4 des éliminatoires de l'Euro 2013, ne présente à priori guère de danger pour les Tricolores qui, elles, sont en tête. Les Bleues se sont d'ailleurs nettement imposées à l'aller, 5-0, le 14 septembre, à Nes Ziona. Seulement, à y regarder de plus près, on s'aperçoit qu'elles ne menaient que 1-0 à la mi-temps et que se sont les Israëliennes qui avaient marqué contre leur camp dès la 4e minute de jeu. Le second but français, œuvre de Corine Franco, n'arrivera qu'à la 63' et les Françaises dérouleront ensuite pour ajouter deux nouvelles réalisations, par Abily (71') et Le Sommer (85').

 

Efficaces…en seconde mi-temps

 

C'est une tendance chez les filles de Bruno Bini : elles démarrent plutôt lentement dans ces éliminatoires. Contre l'Irlande, le 22 septembre, à Cork, elles mettront plus d'une mi-temps avant d'ouvrir le score, par Necib (62'). La suite sera plus prolixe avec les buts de Delie (69') et Le Sommer (74'). A noter tout de même que le dernier mot revint aux Irlandaises avec l'honneur sauvé dans les arrêts de jeu. Il y a quatre jours, à Llanelli, face au Pays de Galles, cette fois encore le score n'évolua en leur faveur qu'en seconde partie de rencontre. Pire, ce sont les Galloises qui partaient pied au plancher dès la 1re minute à la suite d'un but de la tête de leur capitaine, sur corner. Heureusement, Gaëtane, notre Gaëtane, eut la bonne idée de réussir un petit chef d'œuvre juste avant le repos pour égaliser. C'est après l'heure de jeu (66') que le match finissait par se décanter, par Le Sommer d'abord, puis par un nouvel exploit de Gaëtane (73'), Delie fermant le banc à la 85'.

 

L'Ecosse, la plus dangereuse

 

L'évidence, c'est que les joueuses de Bruno Bini (en lice pour le titre de meilleur entraîneur d'une sélection féminine)sont désormais ancrée dans le haut de la hiérarchie et que leurs adversaires se montrent d'abord soucieuses de ne pas encaisser trop de buts. Résister est le mot d'ordre. Si elles ont réussi à décadenasser les systèmes israëliens, irlandais et gallois, nul doute qu'il en sera plus compliqué contre les Ecossaises, leurs rivales les plus dangereuses et avec qui se jouera la qualification. Il faudra attendre le 31 mars 2012 pour assister à la première opposition entre les deux sélections, en France (lieu non encore fixé). En amical, à Brest, avant le Mondial, les deux équipes avaient fait match nul 1-1.

 

Gaëtane Thiney et le Stade de l'Aube au rendez-vous

 

Les spectateurs du Stade de l'Aube, ce soir, vont découvrir ou redécouvrir quelques-unes des meilleures joueuses du monde au sein de cette équipe de France. On commencera par relever que Sandrine Soubeyrand, la capitaine, devrait fêter sa 172e sélection. Cela fait d'elle la recordwoman des sélections tricolores, hommes et femmes confondus. Sonia Bompastor et Louisa Necib nommées parmi les dix candidates au Ballon d'Or FIFA 2011 seront là, elles qui évoluent avec l'Olympique Lyonnais et qui ont remporté la Ligue des Champions. Corine Franco, Laura Georges (internationale A depuis 10 ans), Camille Abily, Eugénie Le Sommer et Elodie Thomis (que les Troyens avaient apprécié particulièrement face à la Serbie) sont elles aussi Lyonnaises. Céline Deville, Laure Lepailleur, Ophélie Meilleroux, Laure Boulleau et Marie-Laure Delie sont également de redoutables joueuses, parmi les toutes meilleures.  On regrettera l'absence d'Elise Bussaglia, blessée, la « patronne » de l'entre-jeu. Enfin, nous terminerons par Gaëtane Thiney, l'Auboise, née à Troyes et ayant débuté à Brienne-le-Château. La Marraine de l'Estac est au sommet de son art. Ses deux réalisations au Pays de Galles le démontrent. Elle aurait pu figurer dans la short-list pour le Ballon d'Or féminin. Toute petite, elle possédait déjà la même détermination qui faisait dire aux garçons qui jouaient avec elles : « le meilleur joueur d'entre-nous est une joueuse, Gaëtane ». Ce soir, devant ses parents et ses amis, devant son public, il serait étonnant qu'elle manque le rendez-vous.

Ce soir, pour Gaëtane et ses copines, le Stade de l'Aube, lui aussi, ne manquera pas le rendez-vous !