Estac Troyes

Féminines

Camille Abily, la grande dame du milieu

Mercredi 26 Octobre 2011 à 10h21

Elle devrait fêter ce soir sa 86e sélection ! C'est dire si Camille Abily, la Bretonne, est devenue une joueuse essentielle en équipe de France. A 27 ans, le milieu de terrain offensif de l'Olympique Lyonnais a déjà trusté les titres : Ligue des Champions 2011 avec Lyon, 5 titres de championne de France (3 avec Lyon, 2 avec Montpellier), 2 Challenges de France avec Lyon et Montpellier, un titre de championne des USA avec le FC Gold Pride et finaliste avec Los Angeles Sol, 2 trophées UNFP de meilleure joueuse du championnat, et, bien sûr, demi-finaliste de la Coupe du Monde 2011. Cette immense joueuse, en dépit de cette carte de visite très riche, est restée disponible, simple et accessible. Rencontre avec l'un des piliers de la sélection tricolore.

Camille, l'équipe de France revient au Stade de l'Aube un peu plus d'un an après s'y être déjà produite en éliminatoires pour le Mondial. Qu'en avez-vous retenu ?

 

Que du positif ! Il y avait eu du monde. On avait gagné 8-0 si ma mémoire est bonne (désolé Camille, ce n'était que 7-0). Forcément, c'est un stade où on a passé de bons moments, en marquant des buts. Que du bonheur.

 

Le parcours de l'équipe de France en Coupe du Monde participe largement à l'essort du foot féminin. Bien qu'à Lyon vous vous trouviez dans une coquille, sentez-vous ce bouillonnement ?

 

Bien-sûr. On sent qu'il y a plus d'effervescence autour du football féminin. C'est vrai aussi que la victoire en Ligue des Champions de l'OL la saison dernière et la 4e place à la Coupe du Monde y sont pour beaucoup. Mais on n'a pas envie de s'arrêter-là. On sait qu'il y a les Jeux Olympiques qui arrivent. On a envie de faire une très belle performance, pour que les gens continuent à nous suivre surtout. C'est ça le plus important.

 

Vous avez évolué durant deux saisons aux USA. Quelle différence y a-t-il entre les footballs féminins français et américain ?

 

Au niveau international, pas grand-chose puisqu'elles ont été finaliste perdant et nous demi-finaliste. Donc, au niveau football, il n'y a plus guère d'écart, mais au niveau mentalités, il y en a beaucoup. Le football féminin aux Etats-Unis, le soccer comme ils disent, c'est plus un sport à la base pour les femmes, alors que chez nous, dans les mentalités françaises, on est un peu machos et on a encore un peu de mal avec cela. Ils ont beaucoup d'avance dans ce domaine par rapport à nous. Ils ont déjà gagné beaucoup de titres avec l'équipe nationale. Je pense que nous, si on gagne des titres avec cette équipe de France, ça va encore plus faire évoluer les choses.

 

A l'Olympique Lyonnais, vous êtes professionnelles et votre équipe survole le championnat. Prenez-vous dans ces conditions toujours autant de plaisir ?

 

C'est une question qu'on nous pose assez régulièrement. Ce n'est jamais facile et ceci vaut pour tous les matches. On a pu le voir récemment : on s'est fait accrocher à Montpellier en faisant 1-1. Donc, par rapport au quatuor de tête surtout, ce sont des matches serrés. Après, si on compare  avec des matches de bas de tableau, là, c'est un peu différent parce qu'on gagne 7 ou 8-0 et la motivation n'est jamais facile à trouver. Mais on est des professionnelles et on est surtout des passionnées. Je pense que c'est le plus important. Et on veut prendre du plaisir sur le terrain. En gagnant et en marquant des buts, ça nous va.

 

Votre entraîneur, Bruno Bini, est un personnage atypique. Quelle est son influence réelle dans le groupe ?

 

Bruno, c'est un meneur d'hommes, avec un grand H. Outre l'aspect footballistique, il aime beaucoup les relations humaines avec ses joueuses et son staff. C'est vrai qu'il tire beaucoup l'équipe vers le haut de ce point de vue là. On fait beaucoup de choses en dehors du football pour que le groupe soit encore plus soudé et qu'ensuite ça se répercute sur le terrain. C'est ça qui fait qu'il est très atypique.

 

Et vous adhérez complètement au système ?

 

Bien-sûr, sinon ça ne marcherait pas et on n'aurait pas fait d'aussi bons résultats.

 

Retrouvez les extraits de cette interview sur Estac TV