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Jérémy Cordoval : « On a montré qu’on avait du caractère »

Mardi 06 Novembre 2018 à 20h05

Ce fut un instant magique, un moment de grâce comme seul le football nous en réserve de temps en temps ; un peu, toute proportion gardée bien sûr, comme quand un autre Gwadaboy, du nom de Lilian Thuram, qui n’avait encore jamais marqué, sauve une équipe de France mal embarquée en demi-finale du Mondial 98 contre la Croatie au Stade de France. Là, ça n’était que le Stade de l’Aube et la Domino’s Ligue 2, mais quand Jérémy Cordoval inscrit son premier but chez les professionnels, samedi après-midi contre Valenciennes, non seulement il sauve son équipe d’une défaite probable, mais il la relance aussi, en même temps qu’il galvanise ses coéquipiers, leur ouvrant la perspective d’une victoire possible. Il sème également un gros moment de doute chez les Nordistes qui vont paniquer et concéder coup-sur-coup, deux autres buts. On était heureux pour Cordo, tant, une nouvelle fois sa vaillance a été exemplaire. Depuis le début de la saison, Jérémy réussit généralement bien ses matches. Tout comme son pendant à gauche, Johann Obiang, il a réalisé un nouveau match de bonne facture, excellant notamment dans les transitions défensives-offensives, par les qualités et la précision de ses relances, comme ses stats personnelles le démontrent. Belle façon de clouer, ne serait-ce qu’un instant, le bec à tous ceux qui ont pu railler bêtement sur sa taille, oubliant par exemple, qu’elle est la même qu’un certain Bixente Lizarazu ou supérieure à celle de N’Golo Kanté…

Jérémy, vous n’aviez encore jamais marqué depuis que vous êtes professionnel, et vous inscrivez samedi un but d’anthologie qui fait basculer le match dans la folie et la victoire dans le camp troyen. Quand le ballon arrive devant vous, sous savez que vous allez frapper au but ?

Oui. Quand le ballon vient à moi, je m’applique pour le contrôler avant de bien enchaîner ma frappe derrière. Il est légèrement dévié par le dernier défenseur, mais de toute façon, le gardien ne le voit pas partir et il ne peut pas aller le chercher là où il arrive.

Marquer, enfin, est-ce une chose qui vous trottait dans la tête ?

Non, pas spécialement. Je suis plus préoccupé par l’aspect qualité du match, et en particulier sur son aspect défensif. Mon dernier but, c’était avec la réserve de l’Estac qu’entraînait Thierry Bocquet. C’était après une remise sur un une-deux et un ballon que j’avais piqué. Ça doit remonter à huit-neuf ans.

Avez-vous eu conscience que par ce but, à la 89’, vous allumiez la mèche qui allait conduire à une victoire inespérée ?

Oui, c’est ça et ça démontre que nous avions du caractère, contrairement à ce qu’on disait de nous après le match précédent à domicile. On est allé la chercher cette victoire.

Ça rappelle un peu votre dernier match de la saison 2016-2017, à Sochaux, où vous étiez aussi menés 2-0 à la mi-temps et que vous aviez finalement remporté sur la fin…

C’est vrai. C’est pareil. C’est un peu le même retournement de situation, en cinq à dix minutes. Tout se passe très vite.

Jusqu’à présent, comment analysez-vous votre saison à titre personnel ?

Je la vois en dents de scie, entre de bons et mauvais moments. Pour moi, c’est moyen. De toute façon, je suis toujours très exigeant avec moi-même. Je n’oublie pas notre début de championnat et l’enchaînement des défaites. C’est vrai que depuis, comme pour toute l’équipe, ça va mieux et on a pris beaucoup de points. Le coach montre qu’il me fait confiance.

Comment expliquez-vous qu’il est de plus en plus difficile de s’imposer à domicile ? Deux victoires seulement pour les équipes recevantes lors de la dernière journée et six victoires à l’extérieur…

C’est compliqué à expliquer. De plus en plus, les équipes ne veulent plus prendre le jeu à leur compte et misent beaucoup sur les contres. On cherche à bien connaître les équipes adverses, on s’appuie sur leurs défauts pour provoquer des occasions.

On s’aperçoit que même les équipes de tête ne sont plus si à l’aise et lâchent des points. C’est bon pour l’Estac ?

Ça montre que ce championnat est assez homogène. A un moment donné, les gros peuvent caler. Nous, on prend match après match. On ne voit pas si loin. Mais tant mieux pour nous si on se rapproche. Le championnat est très long et il peut se passer tellement de choses.

L’Estac peut-elle dans sa situation actuelle au moins lorgner la 5e place ouvrant aux play-offs ?

Oui, bien-sûr. On est pour le moment 9e. Donc, pour l’instant, visons la 8e place. Ensuite on regardera vers la 7e et ainsi de suite. Comme je l’ai dit, on prend match après match. Mais à long terme, oui, la 5e place est un objectif, et même mieux si possible.

L’Estac doit-elle se montrer ambitieuse ?

Oui, totalement. Il faut. On a tout ce qu’il faut pour aller au moins chercher la 5e place.

Avant ça, il va falloir se rendre à Ajaccio chez un Gazelec qui vient de remporter le derby corse chez son voisin de l’ACA. Avec quelles ambitions faut-il se déplacer là-bas ?

Surtout avec un état d’esprit de guerrier. On ne devra pas craindre les contacts parce qu’on va se faire rentrer dedans. Le Gaz est une belle équipe, difficile à manoeuvrer sur son terrain de Mezzavia. Il faudra presser, contrer, ou garder le ballon selon les circonstances du match et surtout éviter les pertes de ballon.

 

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