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Yoann Salmier : « Il fallait revenir aux fondamentaux »

Mardi 09 Octobre 2018 à 21h10

L’homme est discret, calme et tranquille. Le joueur est sobre mais accrocheur et pugnace. Yoann Salmier, sans faire de bruit, a trouvé sa place dans la défense troyenne. Le Guyannais, prêté cette saison par le RC Strasbourg, est assurément une bonne pioche pour l’Estac. Il est comme ça Yoann, il arrive toujours alors qu’on ne l’attend pas spécialement. C’est pourtant comme ça qu’il est passé en trois ans de la DSR à la Ligue 1 avec le club alsacien avec lequel il a joué 29 matches de National, 22 en Ligue 2 et 14 en Ligue 1. Une belle histoire qu’il vit placidement en dehors du terrain. Une fois dessus en revanche, l’homme se transforme en guerrier. Comme à Châteauroux, le quatrième match disputé en association avec Yohan Tavares, où il a encore « marqué son territoire » au point de se retrouver dans l’équipe type de la journée de l’hebdomadaire « France-Football ». La paire Salmier-Tavarès n’est d’ailleurs pas étrangère au renouveau de l’équipe troyenne qui n’a concédé qu’un seul but sur les quatre dernières rencontres.

Yoann, vous êtes arrivé à l’Estac à la mi-juillet. Près de trois mois après, êtes-vous définitivement intégré, adapté ? Comment vous sentez-vous ?

Oui, j’ai pris mes marques. Je suis en plein dedans.

Vous avez donné l’impression d’être immédiatement à l‘aise dès votre premier match (en Coupe de la Ligue contre QRM). Un peu étonnant, non ?

Je savais pourquoi je suis venu. Mon objectif était donc d’être prêt tout de suite. Mais je n’ai pas été au top aussi vite que je l’avais souhaité, à cause de ma blessure (décollement de l’aponévrose du quadriceps de la cuisse droite). Je suis monté petit à petit en puissance.

Votre entente avec Yohan Tavares porte ses fruits. Depuis que vous êtes associés en charnière axiale de la défense, celle-ci n’encaisse pratiquement plus de but. Un seul, sur coup-franc. Comment l’expliquez-vous ? On vous sent très complémentaires…   

On sait que l’on peut compter l’un sur l’autre. On se parle beaucoup. La communication, c’est important, de même que la confiance qui en résulte par rapport à la couverture que chacun assure sur l’autre selon les besoins. Et cette confiance nous rend performants. C’est primordial en défense centrale où ça marche par deux généralement. Je pense que nous sommes effectivement complémentaires. Pour ce qui me concerne, je suis toujours tourné vers l’avant, prêt à me projeter à chaque interception, dans les espaces, pour apporter le surnombre. Mais je n’oublie pas que mon rôle est d’abord de défendre. Depuis tout petit, j’ai cette habitude de chercher à monter. Si ça apporte quelque chose, comme au Havre, c’est du bonus. C’est du dépassement de fonction.

Considérez-vous le match à Châteauroux comme une prestation aboutie ?

Oui, et non. Franchement, eux étaient dans le doute. Il leur manquait plein de joueurs. Ils ont laissé beaucoup d’espaces. On a seulement connu un moment de flottement après la moitié de la première mi-temps. On a connu des situations chaudes. Mais c’est toujours comme ça, après une grosse domination. Il faut simplement rester fort dans les temps faibles et être encore plus fort dans les temps forts.

Cette fois cependant, vous avez produit du jeu alors que contre Auxerre, quatre jours plus tôt, vous vous étiez contentés du simple résultat…

C’est clair. C’est dû à la période détestable que nous avons connue quand on ne gagnait pas, alors qu’on cherchait à jouer. On s’est dit qu’il fallait revenir aux fondamentaux, qu’il fallait commencer par bien défendre et que nous aurions bien deux ou trois occasions à mettre au fond. Si on était bon défensivement, et avec la confiance, petit à petit, on allait se remettre à jouer, sans oublier les notions de base. Avant, on jouait, mais on ne gagnait pas.

La trêve coupe votre élan. Regrettez-vous de ne pouvoir enchaîner immédiatement ?

Pas forcément. Ça va permettre de se regénérer et repartir plus frais.

Il y a une chose qui transparaît en tout cas, c’est la bonne ambiance du groupe, son état esprit, sa complicité. Pourtant, beaucoup de nouveaux joueurs sont arrivés et ne se connaissaient pas avant…

Le recrutement a été bien fait. Avec des mecs bien. Personne ne pollue le groupe, qui est sain. C’est bien, et quand on a été dans le dur, on s’est dit les choses, sans problème.

Suivez-vous toujours le parcours et les résultats de Strasbourg avec qui vous êtes sous contrat ?

Tout le temps. Je suis tous les matches. Je suis toujours en contact avec mes collègues là-bas. Ils ont souvent perdu des points en fin de match. Mais ils ont les capacités pour obtenir un bon maintien, et plus peut-être. Cela ne m’empêche pas pourtant d’être troyen à 100%.

Vous allez reprendre le championnat avec la réception de Sochaux. Que savez-vous de cette équipe sochalienne ?

Je connais bien pour l’avoir rencontrée en match d’avant-saison avec Strasbourg. Il y a beaucoup d’Espagnols. C’est une équipe qui joue énormément. Je pense que ce sera un beau match, avec du beau jeu des deux côtés. Ce ne sera pas facile pour nous. On a pourtant très envie de poursuivre notre élan.

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