Estac Troyes

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Gambardella : ils ont mérité leur finale !

Dimanche 15 Avril 2018 à 23h50

Au Stade de France ! Hé oui, qui l’eut cru ? Les U19 de l’Estac disputeront bien la finale de la Coupe Gambardella, le 8 mai prochain dans la belle enceinte de Saint-Denis, en lever de rideau de la finale de la Coupe de France ! Pour en avoir le droit, ils ont éliminé en fin d’après-midi à Buxerolles, à proximité de Poitiers, leurs homologues du Stade Brestois, 1-1 et 6-5 aux tirs au but. Disons-le de suite, cette qualification cent fois méritée aurait dû être acquise au terme du temps réglementaire et sans en passer par l’aléatoire série des tirs aux buts. Avec tout le respect qu’on doit aux Brestois et au formidable travail que réussit Eric Assadourian à la tête du centre de formation brestois, on doit néanmoins affirmer que les joueurs de Carlos Lopez étaient supérieurs aujourd’hui et qu’ils n’avaient dû qu’à une certaine maladresse de leur part mais aussi à des faits de jeu contraires de ne pas s’être plus largement imposés. Cette qualification rejaillit en tout cas sur l’ensemble du club et souligne bien toute la qualité du travail fourni depuis très longtemps au Centre de Formation (la majorité des joueurs sont même issus de la préformation), mais également la qualité d’ensemble d’un club qui tient parfaitement et pleinement toute sa place sur l’échiquier hexagonal de notre football. Maintenant, il reste une finale à jouer, et une finale, ça se gagne. Pour rejoindre dans l’histoire les glorieux anciens de 1956, la bande à Marcel Artelesa et à Jean Diébold et autres Michel Artaux. Et faire mieux que les mêmes (ou presque) qui, un an plus tard, disputèrent, mais perdirent cette fois, une seconde finale. 61 ans après, Troyes s’invite en haut de l’affiche, mais avec l’espoir de ramener la Coupe Gambardella, 62 ans après la première levée.

D’entrée, un bijou de Zinédine Labyad

Après la victoire du Tours FC contre l’US Orléans, 5-2, dans la première demi-finale, l’Estac ne mettait pas longtemps avant de prendre la direction des opérations. Dès l’entame de la rencontre elle imprimait son rythme. Elle obtenait un premier corner à la 2’ que tirait Bryan Mbeumo, le ballon était renvoyé côté opposé où Zinédine Labyad le contrôlait avant d’enrouler une merveille de frappe lucarne opposée que Fesquet, le gardien brestois, ne pouvait qu’effleurer. Cueillis à froid, les Bretons avaient du mal à s’en remettre et ne parvenaient pas inquiéter une équipe troyenne bien en place, évoluant en parfait bloc équipe. Brest peinait à franchir le premier rideau défensif tendu par les joueurs de Carlos Lopez au milieu du terrain. Forts de leur mise en place, les Troyens attendaient, prêts à contrer. Comme les Finistériens échouaient régulièrement dans leurs constructions, ils finissaient par allonger leurs ballons vers l’avant, mais là, ils se heurtaient au positionnement de la ligne arrière défensive intraitable. Yehvann Diouf, dans son but, n’était guère inquiété. Son homologue ne l’était cependant guère plus, l’Estac ne poussant pas suffisamment ses actions après chaque récupération. 

Le break manqué de Bryan Mbeumo

Après un coup-franc aux 20 mètres en faveur de Brest, repoussé par la défense troyenne, le contre de Benrandy Abdallah fusait mais un dernier contrôle trop poussé lui faisait perdre le ballon finalement contré en corner (20’). Sur celui-ci, la tête de Calvin Bombo passait largement au-dessus. Sur un nouveau contre, Ismaïl Ben Ouabi frappait sur le portier breton (25’). L’Estac et Bryan Mbeumo se créaient une énorme occasion à la 29’. Seul devant le gardien, Bryan avait l’occasion de réussir le break. Et pourtant il ne cadrait pas sa tentative qui passait légèrement à droite. Brest n’approchant que rarement la surface troyenne, s’essayait aux tirs lointains mais n’inquiétaient pas Yehvann Diouf. Sur un nouveau corner troyen, Ismaïl Ben Ouabi tentait sa chance, il reprenait le ballon repoussé mais Fesquet était sur la trajectoire (37’). Pour une faute de Philippe Nativel sur Saïd Ahamada, Brest se procurait sa première occasion de but à la 38’. Le coup-franc aux 22 mètres était frappé par Mbock mais passait à droite de la cage troyenne. Lancé en profondeur côté gauche, Zinédine Labyad combinait avec Bryan Mbeumo mais l’action idéalement partie, ne débouchait que sur un corner. Celui-ci, frappé par Ismaïl Ben Ouabi s’achevait par une frappe de Bilal Brahimi, frôlant le montant droit (41’).

L’égalisation brestoise

Revenus avec de meilleures intentions, le Stade brestois affichait un autre visage au retour des vestiaires et à l’entame de la seconde période. Après un nouveau corner troyen et une nouvelle balle de 2-0 que manquait Zinédine Labyad, un long ballon dans l’axe et dans la profondeur trouvait Lenny Pintor qui s’en allait crocheter Yehvann Diouf avant de glisser le ballon dans le but vide (51’). Brest était revenu dans la partie. Dans la minute qui suivait, sur coup-franc, Ismaïl Ben Ouabi tirait dans les bras du gardien. Brest évoluait plus haut et contraignait l’Estac à reculer. Les joueurs de Carlos Lopez manquaient une nouvelle belle occasion, à la 64’ ; réceptionnant plein axe un centre de la droite et seul devant le gardien breton, Zinédine Labyad tirait à bout portant… sur celui-ci. Brest poussait cependant et il fallait un retour et un tacle glissé de Stone Mambo pour stopper une échappée de Lenny Pintor (67’). A cet instant de la rencontre, l’Estac avait quelques difficultés à pousser ses actions, à l’approche des 30 derniers mètres adverses. A la 71’ toutefois, Bryan Mbeumo entrait dans la surface brestoise, prenant son vis-à-vis de vitesse qui n’avait que d’autres ressources que de le crocheter. Le pénalty était criant d’évidence… sauf pour l’arbitre qui sanctionnait l’attaquant troyen d’un carton jaune pour simulation !

Le final troyen

Les Aubois allaient reprendre la main et chercher à forcer la décision dans le dernier quart d’heure. Une grosse frappe de Benrandy Abdallah rebondissait sous la transversale brestoise, avant de rebondir au sol et de sortir au second poteau (74’). Le ralenti révèlera que le ballon avait rebondi à l’intérieur du but… Les Troyens accentueront encore plus leur pression. Bilal Brahimi frappe au-dessus (84’). Bryan Mbeumo tire un coup-franc sur le gardien (85’). Après un corner en faveur de Brest qui ne donne rien, un contre à deux-contre-un paraîssait devoir profiter à l’Estac, mais sera finalement gâché, Bryan Mbeumo choisissant de croiser sa frappe et n’accrochant pas le cadre, alors que Djinor Boana Idy, seul à sa gauche, aurait pu être servi (88’). Une dernière reprise de la tête de Calvin Bombo, sur corner, passera à gauche au pied du poteau. Il fallait donc en passer par les tirs au but pour décrocher le fameux billet pour l’enceinte dyonisienne. On craignait alors que l’Estac puissent regretter amèrement toutes ses occasions manquées.

Et Yehvann Diouf bondit…

Brest et Lenny Pintor tiraient en premier. Les Bretons mettaient la pression sur les joueurs de l’Aube qui ne tremblaient pas. Au bout de la série, les cinq tirs de chaque côté avaient été réussis. Pour l’Estac, Souhail Labyad, Calvin Bombo, Julien Masson, Bilal Brahimi (d’une Panenka gonflée) et Bryan Mbeumo n’avaient pas failli. On enchaînait avec la mort subite. C’était le moment que choisissait Yehvann Diouf pour sortir le grand jeu. Il repoussait un premier tir brestois mais Djinor Boana Idy envoyait sa balle de match sur le poteau. Alors, d’une main ferme, le gardien troyen repoussait la seconde tentative finistérienne. Nouvelle balle de match, pour Stone Mambo, qu’il ne manquait pas. Lui et ses copains allaient fouler le Stade de France !

La réaction de Carlos Lopez (photo avec Farès Bouzid, directeur du Centre de Formation)

« On n’était pas en réussite sur ce match. On ne nous accorde pas un pénalty pourtant indiscutable, puis la frappe de Benrandy (Adallah) dont on était persuadé qu’elle était entrée, ne nous est pas validée. Tout se liguait contre nous. On était bien obligé de compter sur Yehvann (Diouf) qui excelle dans l’exercice. Le tournant du match, c’est cette balle de 2-0 qu’on manque et ce but qu’on prend derrière. Finalement, ça nous a souris et nous sommes récompensés de nos efforts. On fait une belle saison avec cette envie et ce culot, à l’image de la Panenka de Bilal Brahimi. Je trouve qu’on a muri et qu’on forme un bloc. Tout le monde s’accroche et élève son niveau. C’est bon pour tout le monde. On y croit aussi et on a encore notre mot à dire en championnat. Il faut gérer psychologiquement tout ce qui nous arrive. La flamme doit être entretenue. Si on donne du plaisir à tout un club, pour moi, ce n’est que du bonheur. »

 

La fiche de match

Demi-finale de la Coupe Gambardella

Stade Brestois-Estac : 1-1 (0-1) et 5-6 aux tab

Buxerolles – Complexe Michel-Amand – 3 000 spectateurs environ - Arbitre : Loïc Lhenoret, assisté de Corentin Boulard et Clément Balaine. 4e arbitre : Thimoté Bonnot.

Buts : Z. Labyad (2’) pour l’Estac, Pintor (51’) pour Brest.

Tirs au but réussis : Pintor, Mbock, Ahamada, Genty, Le Ber pour Brest, S. Labyad, Bombo, Masson, Brahimi, Mbeumo, Mambo pour l’Estac.

Tirs au but manqués : Saïd Ahamada, Glazai pour Brest, Boana Idy pour l’Estac.
Avertissements : Glazai (26'), Lagadic (29') pour Brest, Nativel (37'), Mbeumo (71') pour l’Estac. 

Brest : Fesquet – Boulouard (Boungou Boko 46’), Thunet, Le Ber, Déniel (cap) – Glazai, Mbock, Lagadic (Genty 89’) Said Ahamada - Pintor, Fernandes (Ahamada 46').
Entraîneur : Eric Assadourian. Non entrés en jeu : Gueguen (g), Kouassi.
Estac : Diouf – B. Abdallah, Merah, Mambo, Nativel – Bombo (cap), Ellé (Masson 59') - Ben Ouabi (Boana Idy 61'), Brahimi, Mbeumo - Z. Labyad (S. Labyad 83').
Entraîneur : Carlos Lopez. Non entrés en jeu : Maamouch (g), Djukic.

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