Estac Troyes

Pros

De la Terre à la Lune

Vendredi 09 Mars 2018 à 22h54

A 10 journées de la fin du championnat, son dernier quart, la Ligue 1 Conforama s’approche de la période qu’on appelle généralement le money time. Chaque match, chaque point, gagné comme perdu, vont compter, de plus en plus crucialement, au fur et à mesure où on va se rapprocher du dénouement. S’il n’y a plus le moindre suspense pour l’attribution du titre, en revanche les places qualificatives pour la Ligue des Champions sont très prisées, tandis que celles qui emmèneront leurs possesseurs en Ligue Europa sont encore accessibles pour une demi-douzaine de clubs. Enfin, la lutte pour le maintien prendra au fil des journées une ampleur des plus dramatiques. On peut désormais penser que sept équipes restent concernées. Il faudra éviter les deux dernières places, synonymes de relégation directe, mais également, si possible, l’antépénultième, celle qui accorde encore une petite chance de rester en Ligue 1 à condition de passer les barrages sans dommage. Une place qui revient actuellement à l’Estac, qui sait mieux que quiconque ce que cela représente.

Les obligations extérieures

La destination qu’aura prise l’Estac en fin d’après-midi, l’a conduite à Nantes chez l’une de ces équipes que l’Europe fait rêver. Avec son « Mister », Claudio Ranieri, l’équipe nantaise peut retrouver des compétitions continentales qu’elle n’a plus l’habitude de fréquenter depuis un long moment. Ce serait, pour elle, comme décrocher la Lune à un moment où la direction du club laisse filtrer de nouvelles ambitions. A l’Estac, si on a aussi, à moindre échelle bien entendu, des ambitions, elles sont plus terre-à-terre. La volonté du club que conduit fermement le président Daniel Masoni, reste prioritairement d’enraciner et de stabiliser l’institution Estac en Ligue 1. Les grands travaux de pérennisation sont en cours mais conserver sa place parmi l’élite est indispensable. C’est pourquoi la situation sportive, si elle est plus ou moins conforme à ce qu’on pouvait prévoir, doit être stabilisée et améliorée, et tout doit être entrepris pour s’assurer le maximum de moyens d’y parvenir. Avec six de ses dix derniers matches à disputer chez l’adversaire, l’équipe troyenne est dans l’obligation d’aller cueillir des points à l’extérieur. Or, avec Dijon, et sept points, elle est celle qui a pris le moins de points en déplacement. Mais, si Dijon est la meilleure équipe à domicile derrière les trois grands, Paris, Monaco et Marseille, avec 29 points en 14 matches, l’Estac, en 15 réceptions, a additionné 21 points. En fonction de ses moyennes, elle est donc sur une base de 8 à 9 points d’ici la fin du championnat. Soit 36 à 37 points au final, vraisemblablement insuffisants. Les Troyens doivent donc faire mieux, se montrer intraitables au Stade de l’Aube, mais aussi être ambitieux à l’extérieur. Pourquoi ne pas commencer par conséquent dès ce samedi à la Beaujoire ? Les Canaris n’y ont pris que 20 points en 13 matches, soit autant qu’en 15 matches sur terrains adverses.

Deplagne et Niane reviennent mais Darbion manquera encore

Le groupe retenu par Jean-Louis Garcia ne diffère guère de celui qui fut arrêté pour accueillir le PSG. Mathieu Deplagne revient mais Charles Traoré doit encore purger un match de suspension. Aloîs Confais, qui a besoin de temps de jeu, est laissé à la disposition de la réserve. On avait espéré le retour de Stéphane Darbion, mais celui-ci est encore un peu juste pour pouvoir disposer de tous ses moyens. C’est dommage car « Darbiche » est l’un des éléments majeurs de l’équipe et son absence est préjudiciable au rendement. En son absence (coïncidence ?), l’Estac n’a pris que 4 points sur 15 possibles. Un second retour est cependant notable : celui d’Adama Niane. L’international malien réintègre le groupe en même temps qu’il va retrouver un stade et un club qu’il connaît bien avec un autre statut que celui qui était le sien quand il l’a quitté il y a un peu moins de deux ans. La formation troyenne peut profiter de ses deux attaquants de pointe, chacun d’entre-eux étant susceptible de succéder à l’autre avec le même bonheur.

Bataille tactique

Jean-Louis Garcia, lui aussi, revient à Nantes avec un autre statut : celui d’entraîneur d’un club de Ligue 1. Pour l’entraîneur de l’Estac, c’est un grand moment : « Ce club a marqué ma vie, confesse-t-il. J’y ai passé sept années. J’y ai fait de belles rencontres et découvert une certaine idée du football au contact de Claude Suaudeau qui m’a inspiré. » L’entraîneur aubois voudrait bien soigner son retour à la Beaujoire. Il s’attend à se mesurer à une équipe nantaise très organisée par celui qu’il qualifie d’«expert en la matière », Claudio Ranieri. Il s’en est fallu d’une poignée de secondes pour que les Canaris sortent victorieux du stade Orange Vélodrome dimanche dernier. L’OM a égalisé in extremis. Les Nantais connaissent plus de difficultés chez eux. Ils s’y sont inclinés devant Amiens et y ont été tenus en échec par Lille. Mais ils sont toujours en course pour décrocher une place en Ligue Europa. Ils afficheront certainement ce samedi une farouche volonté de renouer avec un succès qu’ils n’y ont plus rencontré depuis le 17 décembre et une victoire contre Angers, 1-0.

Pour espérer quelque chose, l’Estac, selon son coach, devra faire preuve d’intelligence tactique et d’équilibre. Il lui faudra anticiper les pertes de balle et retrouver une sécurité défensive : « Il vaudrait mieux éviter d’être mené au score car dans ce cas, avec « Mister » (Claudio Ranieri), c’est encore plus dur. Ne donnons pas le bâton pour se faire battre. » L’Estac devra faire valoir ses qualités, réduire par exemple le champ d’influence d’Emiliano Sala. L’Argentin, on s’en souvient, avait scellé le sort du match aller en inscrivant sur la fin le but victorieux. Les Troyens devront encore faire preuve de justesse technique, dans leurs prises de décision, comme dans leurs frappes au but. Ils ont d’ailleurs en cette fin de semaine beaucoup travaillé devant le but. Surveiller aussi les entames de seconde mi-temps et limiter les pertes de balles dans les zones à risque pour évoluer plus en sécurité. Dans tous les domaines, l’Estac va resserrer les liens et exacerber les consciences. Dans la cité de Jules Verne, la distance n’est peut-être pas si longue de la Terre à la Lune…

FIL INFO

La Boutique de l'Estac

La boutique de l'Estac

Voir
Billetterie en vente Billetterie

Billets en vente

Réservez vos billets