Estac Troyes

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De l'utile à l'essentiel

Lundi 08 Janvier 2018 à 18h29

L’essentiel a été assuré hier soir à Molsheim. L’Estac jouera les 16es de finale de la Coupe de France et connaîtra son prochain adversaire aujourd’hui en début de soirée. Mais que cette qualification fut longue à obtenir, essentiellement à cause de la qualité de cette équipe du FC Still 1930, en tous points remarquable. Les Alsaciens ont fait honneur à la compétition et au football amateur. C’est à eux qu’on doit en priorité adresser des félicitations et leur souhaiter pleine réussite pour la suite de leur saison. Remercier également le président Hildenbrand et l’ensemble du club pour la qualité de leur accueil. Ensuite, comme une évidence, il faut saluer Benjamin Nivet, une nouvelle fois serions-nous tentés de dire. L’emblématique capitaine a enlevé une belle épine du pied à son équipe et à son club en inscrivant l’unique mais ô combien précieux but du match, démontrant une fois de plus que, quel que soit l’âge, quand on est à ce point pétri de qualités de footballeur, on reste indispensable.

Bravo au FC Still 1930

On savait à l’Estac que cette équipe de Still était excellente et vaillante. Tant en championnat qu’en Coupe, elle avait depuis le début de la saison démontrée des qualités bien supérieures au niveau du championnat dans lequel elle évolue. Elle aurait par exemple largement sa place en DH (Régional 1) de Champagne-Ardenne. Ses recrues de l’intersaison ont en particulier apporté une belle plus-value technique au groupe. Le FC Still, qui était toujours invaincu, comporte dans ses rangs des joueurs majoritairement expérimentés. C’est pour cette raison que les Stillois n’ont pas fait n’importe quoi hier. Ils ont mis en place un véritable plan de jeu et se sont parfaitement organisés en conséquence. Avec un bloc compact et assez bas, ils pouvaient voir venir et ensuite lancer quelques contres. C’est ainsi qu’en début de rencontre ils devaient se procurer deux grosses occasions d’ouvrir le score. A ce moment du match, l’Estac n’avait pas affiché une grosse maîtrise et était entrée trop mollement dans la rencontre, avec, même inconsciemment, une dose de suffisance. Les occasions stilloises auront eu le mérite de leur faire prendre conscience du danger. La fin de la première mi-temps fut meilleure pour les Champenois mais la défense locale et l’excellent gardien alsacien sauront préserver leur but.

Et puis Nivet est arrivé…

Still avait parfaitement préparé son match. Pendant que les professionnels troyens étaient en vacances, les amateurs qui n’avaient que ce match en tête, avaient sacrifié la trêve et affuté leur préparation, passant de deux à trois entraînements par semaine, certains joueurs en arrivant même à perdre du poids. Ajouté à cela la qualité d’un coach charismatique privilégiant l’humain, les valeurs collectives du jeu et gérant avec méthode et pragmatisme son équipe. Même son coaching en cours de match fut particulièrement sensé. Dans un stade plein et entièrement acquis à sa cause, le FC Still avait intérêt à garder le plus longtemps possible sa cage inviolée. Au fil des minutes de la seconde mi-temps et sur un bon terrain qui ne s’était pas dégradé durant les 45 premières, l’Estac accentuait la pression et multipliait les opportunités. Jean-Louis Garcia avait envoyé Raphaël Cacérès au feu dès la reprise. Puis il lâchait François Bellugou qu’il avait retenu sur le banc jusque-là pour des adducteurs douloureux. Still n’était plus dangereux et ne pouvait que résister. C’est alors que « Zorro » Nivet est arrivé, à dix minutes de la fin du temps réglementaire. Sur un bon centre de Samuel Grandsir, il s’est projeté sur le point de réception du ballon et, avant que le moindre adversaire ne vienne le contrarier, a placé sa tête qui reste l’un de ses points forts. Une énième fois, Frère Benjamin sauvait sa chapelle !

Une sortie profitable

L’Estac s’est donc sorti d’un piège qu’on imaginait plausible, dans la mesure où elle ne pouvait pas s’appuyer sur aucun de ses deux buteurs attitrés : Hyun-jun Suk et Adama Niane, suspendus. Et puis, même pour des pros, ce n’est jamais simple de reprendre après une coupure complète de près de deux semaines. Il n’y a qu’à regarder de près certains résultats. Paradoxalement, cette qualification dans la douleur risque de rendre service aux Troyens. Elle leur indique que rien ne s’obtient sans effort et dépassement de soi, quel que soit l’adversaire. Il faudra s’en souvenir samedi au moment de la réception de Bordeaux qui, lui, n’a pas connu le même bonheur et qui a été éliminé par une CFA (National 2), Grandville. Les hommes de Jean-Louis Garcia vont retrouver le championnat et entamer les matches retour par un gros choc, contre un gros club qui n’était pas attendu en position si délicate, au point d’être devenu un concurrent direct pour le maintien. A ce titre, il ne pouvait pas y avoir meilleure préparation pour l’Estac et le coach troyen a bien fait d’aligner sa meilleure équipe possible. On aurait mal imaginé la formation auboise reprendre sèchement le championnat. Ce 32e de finale lui aura au moins permis de retrouver du rythme.

 

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