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Charles Traoré : « Trois finales d’ici la trêve »

Mardi 05 Décembre 2017 à 22h00

Charles Traoré va bientôt compter autant de matches de Ligue 1 que de Ligue 2 : 20 en L2 la saison passée, 19 en L1 à ce jour (5 en 2015-2016 et 14 depuis le début de ce championnat). On l’a vu aussi réussir deux passes décisives contre Strasbourg lors de la victoire contre les Alsaciens à domicile (3-0) puis être à l’origine du csc de Thomas contre Angers au Stade de l’Aube. Le garçon s’installe résolument comme un élément sur lequel on peut s’appuyer, d’autant que le joueur n’est pas du genre contemplatif. S’il se déclare heureux de ce qui lui arrive, il est passé du rêve à la réalité. Il ne s’extasie donc pas lorsqu’il croise les stars du championnat (on ne l’a pas vu par exemple solliciter un maillot du PSG au Parc mercredi dernier. C’est même un casanier, sérieux dans la vie comme il l’est sur le terrain. Bref, l’homme qui change d’âge en changeant d’année, mérite bien d’être connu.

Charles, c’est tout de même dommage de ne pas avoir battu Guingamp samedi, un adversaire direct qui du coup passe devant l’Estac au classement…

Oui, c’est vraiment dommage. Même un nul aurait été intéressant car ils seraient restés derrière. On sortait pourtant de deux bons matches. On avait montré qu’on n’était pas une équipe si facile à jouer. On venait de faire de belles choses contre Angers puis au Parc malgré la défaite. Mais j’ai souvent remarqué que lorsqu’on joue trois matches dans la même semaine, le troisième, même à domicile, est très difficile, même si on le perd 1-0.  Contre Guingamp, ça s’est joué à peu de choses. Si Sam Grandsir réussit à égaliser en première mi-temps, c’est un autre match. C’est le haut-niveau, il faut toujours être attentif. On ne peut pas se reposer sur nos lauriers. On peut tout aussi bien faire un grand match et le perdre. Ce sont les points qui comptent, pas la manière avec laquelle on le joue.

L’Estac a perdu de l’avance avec ces deux défaites…

Ça commence en effet à se resserrer. En bas comme en haut. On n’a que trois points de retard sur le 9e (Amiens). C’est tellement serré que je pense que le maintien se jouera cette année à 40-42 points minimum (ndlr : 37 points la saison passée). Il nous reste trois finales d’ici la trêve et la fin des matches aller : Monaco, Amiens chez nous, et Marseille. Il faut prendre le maximum de points possibles pour mieux partir en vacances… et revenir sereinement.

Ce championnat est de toute façon resserré, très homogène. Mis à part Paris en haut, et encore, puisqu’il vient de perdre à Strasbourg, et Metz en bas, tout le monde peut battre tout le monde…

A part les gros, on peut tous se battre les uns-les autres. C’est bon signe. Avant, les favoris terminaient leur championnat tranquilles. Maintenant, il y a toujours des surprises. C’est le signe que le niveau du championnat a progressé. Même avec une petite équipe, un match n’est jamais joué à l’avance.

Monaco chez qui se déplace l’Estac samedi, c’est encore un match de prestige qui vous attend, chez un club européen, le tenant du titre. Comment l’Estac peut-elle avoir une chance ?

Monaco est une grosse équipe. Elle a pourtant perdu beaucoup de bons joueurs mais elle en a recruté d’excellents aussi. C’est pour ça que c’est une belle équipe. Ce sera à nous de montrer qu’on peut réussir face aux gros à l’extérieur, en étant solide. Pourquoi ne pas chercher l’exploit ? Même un point, ce serait presque comme une victoire.

Vous qui en êtes encore au stade de la découverte de la Ligue 1, vous dîtes-vous, quand vous jouez contre quelques-unes des stars de la Ligue 1 Conforama, que vous êtes encore en plein rêve ?  S’opposer aux Neymar ou Falcao, qu’est-ce que ça vous fait ?

Tout d’abord, je me dis que tout ça découle de mon travail. C’est un rêve que je faisais depuis tout petit. Ces joueurs, c’est vrai, je les admire. Mais pas sur le terrain. Là, ce sont des adversaires. La vérité, c’est que le travail paye. Moi, je suis quelqu’un qui veut toujours progresser. Je ne me considère pas comme un titulaire. Il faut toujours se remettre au boulot pour le devenir, à chaque match. On peut très vite être en haut et aussi vite redescendre. Sur le terrain, il faut toujours répondre présent. J’ai la confiance du coach et faire un bon match c’est comme si je l’en remerciais.