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Karim Azamoum : « Notre point fort : notre force collective »

Mardi 14 Novembre 2017 à 19h36

Le choc ! 76e minute à Caen, un ballon aérien, Karim Azamoum le fixe du regard et avance sa tête pour le frapper. Au même moment, Christophe Hérelle lève son pied pour le dégager. Ni Karim, ni Christophe n’a imaginé qu’un coéquipier s’apprêtait à disputer ce ballon que ni l’un, ni l’autre, ne réussira à jouer. Le pied de Christophe va donc atteindre la tête de Karim. Le KO parfait. Capitaine ce soir-là, celui-ci va s’effondrer, sans connaissance. Evacué sur une civière, il recouvrera complètement ses esprits dans le vestiaire. Mais sa commotion cérébrale l’obligera à arrêter. Pas de match en conséquence contre Strasbourg. Deux semaines de repos, et une reprise avec le groupe en milieu de semaine dernière. Il pourrait effectuer sa rentrée ce samedi à Dijon. On est allé aux nouvelles.

Avant tout Karim, comment vous sentez-vous ?

Tout va bien. J’ai récupéré. J’ai revu le neurologue et il m’a autorisé à reprendre l’entraînement et la compétition.

Avez-vous un peu d’appréhension à l’idée de rejouer et, en particulier, d’utiliser votre tête ?

Non, je ne suis pas quelqu’un qui appréhende plus que ça. Quand il faut y aller, j’y vais. Il ne faut pas réfléchir, sinon on est sur la réserve et ça n’est pas positif. Pour moi, c’est reparti. Je dois bien m’entraîner pour retrouver le rythme et un niveau de jeu cohérent.

Cet accident est malheureux dans la mesure où vous reveniez bien après avoir purgé une suspension de trois matches pour un carton rouge obtenu contre Saint-Etienne…

Oui, ça a été une période un peu compliquée pour moi : la suspension, puis ce choc et ces deux semaines sans compétition (ndlr : après son expulsion contre St Etienne, le 1e octobre, Karim n’a joué à ce jour que 75 minutes). De quoi perdre le rythme. Je veux absolument le retrouver, de manière à postuler pour revenir dans le groupe et aider l’équipe.

La trêve internationale vous aura tout de même servi à vous préparer au mieux… ?

Une semaine sans match, sans compétition, c’est une semaine de plus sans jouer. J’ai tout de même pu vendredi dernier participer à l’opposition interne qui était organisée. Moi, cependant, j’ai besoin de compétition pour m’exprimer pleinement, pour donner le maximum. Le dépassement de soi, ce n’est propre qu’à la compétition.

Votre absence vous a permis de suivre vos coéquipiers depuis les tribunes. Qu’avez-vous pensé du match remporté contre Strasbourg ?

C’était un super match. Je pense que la victoire est amplement méritée. J’ai vu de très belles choses, de l’engagement, beaucoup de qualités techniques et tactiques. On a vraiment passé un cap. On a surtout montré qu’on pouvait avoir notre place dans ce championnat et, si on conserve ce niveau, déranger pas mal d’équipes. Notre force collective, notre point fort, peut nous permettre de vivre une bonne fin de saison.

D’ici-là, dès samedi, l’Estac se déplace pour affronter un nouvel adversaire direct, Dijon, une équipe qui ressemble un peu à l’équipe troyenne, par son état d’esprit et sa philosophie de jeu. N’est-ce pas plus difficile de se mesurer à une formation présentant des caractéristiques si proches des vôtres ?

Toutes les équipes ont des qualités et des défauts. Chaque match est difficile. Pour rivaliser, il est primordial d’être à son meilleur niveau. Dijon est un concurrent direct pour le maintien. Nous devons prendre conscience de ses qualités. C’est une équipe joueuse, qui aime la possession et le mouvement. Elle est performante. A nous d’être au niveau dans ce domaine mais de démontrer aussi d’autres forces. Nous sommes capables de nous adapter. C’est encore une autre facette de nos dispositions : pouvoir s’adapter à pas mal d’équipes.