Estac Troyes

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Les débuts réussis de Jérémy Cordoval

Mardi 03 Octobre 2017 à 18h29

Le 30e a été le bon ! A 27 ans, Jérémy Cordoval a dû attendre son 30e match en tant que professionnel sous les couleurs de son club formateur pour devenir un joueur de Ligue 1 et connaître sa première titularisation, une semaine après y avoir déjà goûté, à Metz, en entrant à la 71’. Tout le monde au club s’en réjouit. Jérémy est en effet d’une mentalité exemplaire, rongeant son frein sans broncher, évoluant avec la réserve tout en attendant son heure. La belle histoire de Cordo se poursuit donc pour celui qu’on laissa partir à la fin de sa formation à l’Estac sans contrat professionnel, en 2010, alors que le club retrouvait la Ligue 2. Après avoir persisté à l’échelon inférieur, à Beauvais, Cannes et Créteil, il est repéré par le Nîmes Olympique dont il va devenir l’un des piliers puisqu’il disputera 104 matches en trois saisons. D’où le nouvel intérêt troyen à son égard. On connaît la suite : 28 matches en Domino’s Ligue 2, une montée en Ligue 1 et, désormais, les grands débuts au plus haut-niveau. Des débuts réussis puisqu’il fut à l’origine de l’action qui amène la victoire à Saint-Symphorien et qu’il a parfaitement tenu sa place dimanche contre les Stéphanois, pour une seconde victoire de rang.

Jérémy, vous ne pouviez pas rêver mieux pour vos débuts en Ligue 1 : deux victoires, dont celle de dimanche, la première à domicile de l’Estac, pour votre première titularisation !

C’est ce que tout le monde aimerait connaître comme débuts. Je savoure, mais je n’en continue pas moins de travailler pour pouvoir en jouer d’autres.

Vous n’étiez pourtant pas positionné dans la zone la plus facile, celle où évoluaient Bamba et Cabella, ce qui ne vous a pas empêché de bien vous comporter, en particulier devant le dernier nommé…

Je savais que j’allais tomber sur un bon joueur confirmé de L1. Je m’y étais préparé. Il fallait surtout rester concentré du début à la fin et bien défendre sur mon côté. Ça m’a souri et ça a souri à l’équipe.

On vous a même vu souvent défendre « à la culotte » contre Cabella…

C’est vrai. En première mi-temps, il faisait souvent des appels de mon côté. Ça s’est bien passé parce qu’on s’est bien parlé avec Jimmy Giraudon qui se tenait dans l’axe. Il ne fallait pas le laisser prendre de la vitesse et l’empêcher de se retourner.

Vous n’avez pourtant pas hésité à prendre votre couloir. C’était la consigne ?

Pas forcément. En première mi-temps, ça a beaucoup joué à l’opposé. En quelques occasions, j’ai essayé de dédoubler pour trouver Bryan (Pelé) au milieu sur son pied gauche. Je n’ai pas beaucoup centré en revanche. Je me suis surtout appliqué à bien défendre.

Alors, c’est comment la Ligue 1 ?

C’est clair que pour quelqu’un comme moi qui a commencé la saison en CFA2 (ndlr : le National 3 désormais), ce n’est pas le même rythme, ni les mêmes joueurs. L’important, c’est de rester concentré et d’être techniquement au point, sinon l’adversaire vous met rapidement en difficulté.

Ce qui est phénoménal, c’est que l’Estac finit, et gagne, le match à Metz avec sa défense de Ligue 2 et en infériorité numérique, et qu’une semaine plus tard, elle aligne de nouveau sa défense de la saison dernière, joue près d’une heure à dix contre onze et gagne encore. Ça dénote une grosse force mentale ?

Certainement. C’est une force. Le coach a aussi fait passer le message. Il y a des joueurs qui commencent le match, mais ceux qui sont sur le banc, ou ailleurs, finiront par prendre la place pour terminer la rencontre. C’est pour ça que tout le monde est concerné. Et pas que les 18 qui figurent sur la feuille de match. Moi, je me suis toujours préparé pour, à tout moment, me tenir prêt à entrer. C’est pareil pour chacun d’entre-nous.

Vous attendiez-vous avant que ne débute la saison, à ce que l’Estac soit 9e après 8 journées et, surtout, compte 11 points, soit un peu plus du quart des points qui sont nécessaires pour se maintenir, à moins d’un quart du championnat ?

Au début, je ne me suis rien dit, sauf qu’il fallait aborder la Ligue 1 comme elle venait. Bien se préparer et prendre match après match. Avoir 11 points, c’est bien mais il faut s’accrocher car la suite sera difficile. C’est encore long. Il faut savourer mais rester concentré pour le prochain match.

Pensez-vous que l’Estac est capable de poursuivre sa saison sur ce rythme, même s’il lui reste encore à rencontrer quelques grosses équipes ?

Pour moi, oui. Je le pense. Il n’y a pas de raison qu’on ne tienne pas. Dans nos têtes, nous, on est tous prêts pour tenir ce rythme-là.