Estac Troyes

Pros

Exister sans Nivet

Vendredi 08 Septembre 2017 à 20h19

Ces trêves internationales sont longues et, comme pratiquement toutes les équipes de son rang, l’Estac est heureuse de retrouver la compétition ce samedi. Qui plus est à la maison où elle n’est encore pas parvenue à s’imposer. Battue précédemment à domicile, par Nantes (0-1), elle s’est encore inclinée à Bordeaux à la suite (1-2). Ben entendu, à chaque fois, il n’a pas manqué grand-chose pour que le bilan ne soit pas vide de tout point. Avec un peu de réussite en effet, le nul aurait pu être accroché devant les Canaris et les hommes de Jean-Louis Garcia seraient revenus de chez les Girondins avec un partage des points. C’est justement là le danger : croire que l’écart est tellement mince qu’un résultat peut basculer d’un côté comme de l’autre. Et bien non ! C’est dans les détails que se scellent les performances. Le moindre relâchement, la moindre déconcentration, la plus petite imprécision ou hésitation et les conséquences sont énormes et quantifiables. Le haut-niveau exige la plus grande des rigueurs, le plus énorme des investissements. Quand on frappe sur un montant, ce n’est pas cadré. Le résultat est le même qu’un tir qui passe à deux mètres du but. Pour recevoir Toulouse ce samedi soir, l’Estac ne devra pas se contenter d’approximations. Elle devra dominer son adversaire dans les moindres circonstances. 

Une absence coup-dur

Il faut bien le reconnaître : l’absence pour blessure de Benjamin Nivet est un vrai coup-dur pour l’équipe troyenne. L’Estac sera privée au moins un mois de son leader technique. Sans Nivet, ce n’est pas pareil. On l’a vu à Romilly : quand le capitaine troyen est entré en jeu, celui-ci s’est éclairé. Etre privé du doyen de la Ligue 1 Conforama, c’est aussi ne pas pouvoir profiter du duo de qualité qu’il forme avec Stéphane Darbion. Cette complicité qui, tout simplement, a ramené la saison dernière, l’Estac dans l’élite. Il est clair que l’Estac se présentera handicapée. Ceci exprimé, il faut bien faire avec cette désaffection involontaire. Jean-Louis Garcia possède suffisamment de cartes dans son jeu pour réorganiser son milieu de terrain.  On a vu que le forfait de Benjamin entraîne le retour de Chaouki Ben Saada dont le bagage technique n’est pas banal. L’international tunisien a tout-de-même inscrit 5 buts la saison passée. L’entraîneur troyen ne manque pas de moyens (ni d’idées). Il ne trouvera pas pile l’identique suppléant de Nivet. C’est sur l’articulation et l’animation du jeu qu’il va probablement jouer. Il dispose de joueurs aptes à prendre à leur compte l’orientation technique et tactique de leur équipe. A lui de fournir la partition et de désigner les musiciens. Saïf-Eddine Khaoui fait partie des postulant, mais Karim Azamoum a déjà prouvé qu’il en avait le potentiel, lui qui désormais fait partie des cadres. On peut aussi compter sur un Tristan Dingomé qui doit lâcher ses instincs constructifs. Garcia compte et espère d’ailleurs, comme il l’a exprimé lors du point-presse, assister à des éclosions, des révélations : « Je souhaite que certains se lâchent ». Il sait aussi que l’adversaire est du type coriace. Pascal Dupraz a donné une âme nouvelle à un groupe qu’il façonne et patine désormais à son goût : « C’est un adversaire très costaud que nous nous préparons à rencontrer, assure Jean-Louis. Le Téfécé est une équipe très cohérente, avec un gros potentiel offensif et athlétique, dont le souci est de se projeter le plus vite vers l’avant. Depuis que Pascal a réussi son opération maintien, elle n’a pas cessé de progresser. On a les arguments pour essayer de contrarier les Toulousains. » Le coach aubois ne cache pas que lui et ses joueurs ont surtout très envie de remporter leur première victoire à domicile, au moment où ils abordent un mois de septembre très important avec trois réceptions (on compte Saint-Etienne décalé au 1er octobre, dans le lot) pour un seul déplacement, à Metz, concurrent direct.

 

 Corentin Jean en face

 

Fort de sa victoire contre Rennes, 3-2, avant la trêve, le Téfécé vient à Troyes avec un élan positif, mais il sera privé de trois éléments, blessés : Yaya Sanogo, Steven Fortes et Max-Alain Gradel, l’ancien stéphanois. En revanche, Giannelli Imbula, arrivé prêté avant la trêve, fera sa première apparition sous le maillot toulousain. Un maillot qui est désormais celui de Corentin Jean. Ce sera un réel plaisir de retrouver pour la première fois « Coo » au Stade de l’Aube, dans un stade où il a connu ses premiers émois professionnels. Toulouse présente un effectif très bien équilibré, très solide derrière, compact au milieu et percutant devant. En l’absence de Benjamin Nivet, chacun des joueurs troyens devra élever un peu plus son niveau pour tenir la comparaison et pouvoir offrir à leur leader les trois points d’un premier succès intra-muros.