Estac Troyes

Pros

Victime du péril jaune

Lundi 21 Août 2017 à 17h27

Après avoir plumé les Aiglons, les Troyens n’ont pas réussi à en faire de même avec les Canaris. L’Estac a par conséquent subi sa première défaite de la saison samedi soir. Paradoxalement, c’est peut-être parce que l’effectif nantais était handicapé par l’absence de plusieurs titulaires que les joueurs de Claudio Ranieri se sont imposés. Le technicien italien, comme on s’y attendait, aura composé un groupe et trouvé une méthode qui ont tenu compte des circonstances. Passé maître dans l’art du bricolage, ce qu’il reconnaît apprécier, le coach champion d’Angleterre 2016 a mitonné une formule qui a récolté ses fruits en toute fin de match, bien que la difficulté soit encore plus intense pour la formation visiteuse réduite à dix après une bonne demi-heure de jeu en première mi-temps. L’Estac n’a pas démérité mais un peu moins performante que lors de ses deux premiers matches de la saison, a fini par s’incliner devant un adversaire plus discipliné, plus expérimenté aussi dans son ensemble, davantage athlétique et, il faut bien le reconnaître, un peu au-dessus talentueusement parlant.

 

Le bloc-équipe nantais

Pour rivaliser avec des équipes du gabarit nantais, l’Estac doit être au maximum de ses possibilités. Dès qu’elle se situe quelques degrés en dessous, elle devient vulnérable. Comme l’a relevé Jean-Louis Garcia à l’issue de la rencontre, les Troyens n’ont pas rendu la copie espérée. Ils se sont toutefois souvent bien sortis de situations délicates. Ainsi doivent-ils au grand talent d’un Mamadou Samassa très sûr de conserver si longtemps leur cage inviolée. Jusqu’à la 81e minute, jusqu’à ce que ce diable d’Emiliano Sala recueille la récompense de tous ses efforts. L’Argentin n’a jamais cessé de se battre sur le front de l’attaque nantaise avant de parvenir à marquer le premier but de la saison du FC Nantes et offrir son premier succès et ses premiers points à son club. Le match pouvait basculer d’un côté comme de l’autre mais quitte à choisir un vainqueur, c’est l’équipe qui en était la plus proche qui a décroché la victoire. Celle-ci est essentiellement à mettre au crédit de son entraîneur. « Le Mister » avait bien disséquer le jeu troyen. Il en avait même tiré des conclusions flatteuses qu’il avait exprimées lors de sa conférence d’avant-match. Il avait été élogieux quant à la qualité du jeu de l’Estac. Pour mieux l’endormir ? A partir de là, prenant en compte les nombreuses absences pour cause de blessures et suspensions, il a formaté son équipe en conséquence. On a vu ainsi les Canaris démarrer la rencontre sur un gros rythme et une pression intense. Ceux-ci auraient pu d’ailleurs ouvrir très rapidement le score si Mamadou Samassa n’avait pas réussi son premier sauvetage. Evoluant en bloc-équipe parfait, les Nantais n’accordaient que peu d’espace aux Troyens. Ceux-ci avaient du mal à trouver des intervalles tant les lignes étaient rapprochées. Ce n’est qu’au-delà de la 20e minute que Nantes desserra un peu sa pression. On vit alors l’Estac prendre un peu d’assurance et venir à son tour titiller l’immense Tatarusanu, par Niane et Nivet, coup-sur-coup, puis le Roumain, qui effectuait son premier match à l’extérieur sous ses nouvelles couleurs, sut saisir l’occasion pour prouver son grand talent sur une tentative de Samuel Grandsir. C’était alors au moment où les visiteurs se trouvaient réduits à dix après l’expulsion de leur latéral gauche Awaziem. 

Ah, si la tête de Nivet…

Ranieri ne changea rien de sa méthode à la pause. Nantes revenait avec encore plus de motivation… et moins d’espaces à offrir à ses adversaires. La seule différence notable, c’était une position un peu plus basse du bloc. L’Estac viendra se briser sur ce bloc en position de flux puis résister le plus solidement possible en situation de reflux. Les Troyens se montraient malheureusement indigents sur leurs centres (un véritable chantier à travailler). Après la reprise, chaque équipe s’était offert des situations de marquer. Une nouvelle fois, l’Aigle du Mali troyen se déployait dans ses buts pour enrayer les occasions nantaises, tandis que son alter ego était tout heureux de voir Benjamin Nivet placer une tête pourtant prometteuse juste à côté de la cible alors qu’il se trouvait en position favorable. Peut-être le tournant du match… On connaît la fin. Dès lors que les Nantais avaient pris l’avantage, il était couru d’avance qu’ils ne se laisseraient plus rejoindre. Ne restait plus à Ranieri qu’à casser la fin de match en faisant ses trois changements dans les cinq dernières minutes, temps additionnel compris. Il est évident que le FC Nantes ne boxera pas cette saison dans la même catégorie de poids que celle de l’Estac, mais les hommes de Jean-Louis Garcia sont assurément capables de faire un peu mieux. Cela leur aurait permis au minimum de grappiller un point. Chaque unité comptera lors du décompte final. Avant d’aller se frotter samedi à des Bordelais solides et percutants, il faudra s’en convaincre.