Estac Troyes

Pros

Brouilleurs de cartes

Vendredi 18 Août 2017 à 23h32

Voilà un match qui suscite bien des intérêts ! Autant que d’interrogations d’ailleurs… L’Estac comme le FC Nantes n’ont pas pris les départs que beaucoup avaient soupçonnés. Prenez les Troyens par exemple. Promus in extremis en passant par les barrages, avec un effectif de joueurs dont plusieurs ne connaissent pas ou si peu la Ligue 1 Conforama, un coach novice à ce niveau, un budget hyper mince (le plus bas de L1), un passé récent ne plaidant pas en sa faveur. Et un début de calendrier un tantinet musclé : Rennes à domicile, chevronné de L1, un coach réputé, des joueurs alliant expérience et gros potentiel, et deux fois plus de moyens, puis Nice à l’extérieur, la révélation de l’an dernier, l’Européen version Ligue des Champions, le tombeur de l’Ajax d’Amsterdam, ses stars, et un coach de grande réputation. Soit six points en jeu… et quatre obtenus ! En face, Nantes, son passé, sa montée en puissance, presque le double de budget, un entraîneur reconnu mondialement, un effectif en construction mais autour de cadres établis. Là-aussi, six points à prendre… mais aucun récupéré. Un peu le monde à l’envers, non ? Mais tel est le football. Le ballon tourne, mais pas toujours du même côté. Estac- Nantes : autant le dire, les jeux sont loin d’être faits !

 

Les vainqueurs de Nice

 

En gagnant à Nice, l’Estac a renversé tous les pronostics. On peut toujours arguer qu’elle a profité des circonstances, sauf que tous ceux qui ont suivi la rencontre reconnaissent que ce succès, elle a su le construire, l’organiser, pour, au final, amplement le mériter. Sur sa lancée, elle a engrangé une nouvelle dose de confiance pour ce qui pourrait constituer pour elle un match-référence à l’extérieur. Elle ne doit pas s’emballer pour autant mais, devant son public, elle doit maintenant ambitionner d’obtenir son premier succès sur sa pelouse. L’équipe ne devrait guère évoluer, tout au moins la composition du groupe. L’infirmerie est presque vide. On avait quelques craintes pour Mathieu Deplagne touché à un mollet à Nice. Mais il ne s’agit que d’un coup et le latéral droit devrait pouvoir tenir sa place.

En conservant son état d’esprit, sa capacité de concentration et son humilité, la formation de l’Aube a les moyens de rivaliser avec un adversaire qui n’en sera que plus dangereux, dans la mesure où il se présentera sans plusieurs de ses pièces maîtresses. Avec un entraîneur, Claudio Ranieri, jamais autant à l’aise que quand il lui faut remédier à certains manques. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme « le Bricoleur ».

 

Les soucis du bricoleur

 

Le technicien italien a retenu un groupe de 20 joueurs. Ne figurent pas dans celui-ci Nicolas Pallois et Enock Kwateng, suspendus, ni Diego Carlos, Valentin Rongier, Yacine Bammou et Alexander Kaçaniklic, tous quatre blessés lors de la réception de Marseille dimanche dernier. On se souvient que lors de cette rencontre, Claudio Ranieri avait été obligé de procéder à trois changements dans la première moitié de la première mi-temps à cause de blessures et que Kaçaniklic avait dû terminer la rencontre le bras et l’épaule strappés, à la façon d’un Beckenbauer lors du mémorable Allemagne-Italie de la Coupe du Monde 1970, pour ne pas laisser son équipe terminer à dix puisqu’il n’y avait plus de remplaçant. Les Nantais finiront par s’incliner en toute fin de rencontre, 1-0, sur un but qui aurait pu être refusé puisque le ballon ricochait sur le bras du Marseillais Lucas Ocampos avant de pénétrer dans le but.

Après une défaite à Lille, 3-0, en ouverture, c’était-là un scénario bien cruel pour des Canaris malheureux au possible. Bien que diminués, ceux-ci vont se présenter avec un sentiment de revanche. Ils viennent à Troyes avec deux de leurs dernières recrues, les milieux Yassine El Ghanassy et Andrei Girotto qui pourraient donc vivre tous deux leur premier match sous leur nouveau maillot. On notera que trois gardiens sont du déplacement, dont l’international roumain Ciprian Tatarusanu dont ce sera la seconde apparition dans les buts de sa nouvelle équipe, après avoir été très brillant contre l’OM.

 

Une rencontre passionnante et indécise

 

C’est le même groupe déplacé à Nice qui sera reconduit ce samedi contre Nantes au Stade de l’Aube. Jean-Louis Garcia joue donc la continuité. Ce qui ne veut pas dire que c’est le même onze qui débutera. Si la ligne défensive devrait ne pas changer, Charles Traoré restant appelé et Johann Obiang non utilisé, c’est le dispositif de l’entrejeu qui peut évoluer. Quoi qu’il en soit, les options tactiques ne restant pas figées, chaque entraîneur avancera ses pions tout en surveillant le jeu de son vis-à-vis et agissant en fonction des évènements ou des circonstances. D’où l’intérêt et l’aspect passionnant d’une rencontre apparaissant indécise. Le public du Stade de l’Aube devrait se prendre au jeu. Il aura un véritable rôle à jouer et sa participation pourrait même conforter son équipe et ses joueurs. Depuis le temps que cette équipe troyenne donne, il serait temps et légitime qu’elle reçoive enfin tout le soutien qu’elle mérite.