Estac Troyes

Amateurs

A l'amorçage

Mercredi 24 Mai 2017 à 23h47

Au moment où l'Estac démarrait officiellement sa saison 2016-2017, le 29 juillet par la réception du FC Sochaux, on peut aisément deviner que chacun n'avait qu'une idée en tête : se maintenir en Ligue 2 et tenter d'obtenir ce maintien le plus tôt possible. Qui aurait pu prédire ou deviner que six mois plus tard elle serait proche de monter en Ligue 1, ou, tout au moins de jouer encore sa chance d'y accéder ? Celui qui répondrait par l'affirmative, est un menteur. Battue ce soir-là de la plus logique des manières par les Sochaliens, 3-1, l'équipe de Jean-Louis Garcia se faisait ensuite, tout aussi logiquement, défaire à l'AC Ajaccio, 2-1. Pour couronner le tout, dans la foulée, le 9 août, elle se faisait éliminer, 1-0, de la Coupe de la Ligue, à Laval. Le classement ? 20e et dernière…  Après une saison pénible en Ligue 1, tout cela ne présageait rien de bien emballant. Et pourtant, il suffisait d'être un peu patient. Parce qu'une équipe, un groupe, ça se construit, pierre après pierre. L'Estac avait les matériaux, il ne lui manquait que le ciment pour les agglomérer entre eux. Mais aussi un architecte pour définir les plans et diriger les travaux. Ce maître d'œuvre a pour nom Garcia, Jean-Louis de son prénom, pour ne pas confondre. A Troyes, on y tient. Un chef de chantier, un certain Benjamin Nivet, quelques contre-maîtres expérimentés et des apprentis doués. Aujourd'hui le bâtiment est debout. Il ne reste plus qu'à en connaître sa destination…

 

Un certain Jimmy Cabot

 

 

Depuis quatre jours, c'est l'effervescence dans la ville et ça ne trompe pas. La population s'identifie de nouveau à son équipe de foot. On attendait ça depuis quelques mois. L'opération séduction de la troupe de Jean-Louis Garcia a fini par prendre. Ils seront une quinzaine de milliers ce jeudi soir, jour d'Ascension, le bien nommé, pour soutenir l'emblématique capitaine Benjamin Nivet et ses coéquipiers lancés à la quête de leur Graal. Et ils en auront besoin, extrêmement, de ce soutien, de ces encouragements, car face à eux c'est une redoutable équipe lorientaise qui s'avance. Jamais elle n'aurait dû se trouver là. Sa puissance de feu, mais aussi sa finesse technique auraient dû la préserver d'une telle mésaventure. Sûr que le départ de Gourcuff, autant que celui de Guy Roux à Auxerre, a été préjudiciable. On s'en rend compte aujourd'hui mais c'est désormais une histoire ancienne. Aujourd'hui, Lorient doit sauver ses meubles. A y regarder de près, les Merlus sont bien supérieurs à une bonne demi-douzaine d'équipes qui, pourtant, les auront précédés au classement.  On ne bat pas, par exemple, deux fois l'Olympique Lyonnais par hasard (4-1 au Parc OL). Lorient possède des joueurs de grandes qualités, en particulier des attaquants redoutables, Moukandjo, 13 buts, Waris, 9 buts, ou un certain Jimmy Cabot, 3e buteur de l'équipe avec 5 buts, ex aequo avec Sylvain Marveaux, et 4 passes décisives. Avec 44 buts, il s'agit de la 10e attaque de Ligue 1 (et 9e à l'extérieur). Depuis l'arrivée de Bernard Casoni, le 8 novembre 2016, la formation bretonne est 13e. On mesure par conséquent l'importance du travail effectué par l'actuel entraîneur lorientais qui prit l'équipe alors en 20e et dernière position. Les Bretons qui ont terminé leur championnat par un nul 1-1 chez eux devant Bordeaux samedi soir, ont donc un jour de repos de moins que les Troyens. C'est peut-être pour cette raison qu'ils ont rallié l'Aube dès mardi avec 23 joueurs. Installés dans un établissement hôtelier extérieur à l'agglomération, ils se sont entraînés à La Chapelle-Saint-Luc ce mercredi matin. Cela a permis de confirmer le retrait de Jérémie Aliadière tandis que le 3e gardien, Anthony Lamonge, s'abstiendra lui aussi. Ils ne sont donc plus que 21 à pouvoir briguer l'une des 18 places qui composeront le groupe. Un doute subsiste toujours quant à la participation du meilleur réalisateur lorientais, Benjamin Moukandjo.

 

 

Tout à gagner

 

 

L'équipe troyenne n'a guère changé ses habitudes. Pas de mise au vert par exemple. Jusqu'à présent cela lui a plutôt bien réussi. Un repas de veille de match pris ensemble dans un hôtel de la périphérie puis retour à la maison pour se retrouver en milieu de matinée pour le rassemblement de jour de match. C'est un groupe de 18 joueurs qui a été convoqué et qui sera porté sur la feuille de match, comme en Ligue 1, alors qu'ils ne sont que 16 en Domino's Ligue 2. Jean-Louis Garcia avait d'ailleurs anticipé à Sochaux en emmenant 18 éléments. Jérémie Cordoval et Johan Martial seront donc cette fois officiellement concernés. Le groupe est par ailleurs légèrement modifié. Chaouki Ben Saada, souffrant d'une lésion au mollet gauche, est forfait. Son absence bénéficiera à Jonathan Tinhan qui fait son retour, tout comme Charles Traoré, à la place de Mahamadou N'Diaye.

Voici donc l'Estac au pied de son mur. Elle tient sa finale. Même si celle-ci va se jouer en 180 minutes, voire plus. Peu importe. Elle n'a à vrai dire rien à perdre dans cette affaire. Le favori, c'est Lorient et ce sont les Merlus qui ont tout à perdre, alors que Nivet et ses copains ont tout à gagner. Le club de Ligue 1 est en revanche favorisé dans la mesure où il recevra au match retour. Entre l'avant-dernière défense de Ligue 1 et la seconde attaque de Domino's Ligue 2, l'affrontement sera des plus intéressants. La défense troyenne sera elle aussi soumise à une division offensive efficace. Moukandjo-Waris forment un duo redoutable, auteurs à eux deux de 22 buts. Stratégiquement, ces barrages imposent une réflexion différente par rapport à un match unique. Jean-Louis Garcia s'y est penché et on sait qu'il saura décider selon le déroulement du scénario. Réflexion mais pas calcul : « Lorient sera logiquement favori. Il y a plus de maîtrise en Ligue 1 qu'en Ligue 2, analyse l'entraîneur troyen. Nous devrons garder un certain équilibre, trouver des compensations. Il faudra être très intelligent. Et avoir de la fraîcheur physique. Je trouve qu'on a été un peu sous-estimé. On a davantage parlé de clubs plus médiatiques. On va tout mettre en œuvre pour montrer qu'on a de la qualité et qu'on mérite un peu plus de crédit. »

 

 

Le rôle primordial du 12e homme

 

 

Avant se de rendre à Lorient dimanche, l'Estac aura 90 minutes chez elle pour prendre la mesure des Merlus, les appâter si elle veut les mater, les amorcer si elle veut les ferrer. Plutôt que se lancer à l'abordage, c'est en fait à l'amorçage qu'elle peut semer le doute dans les esprits bretons et renverser tous les pronostics qui lui sont contraires. Mais il existe aussi un autre domaine dans lequel l'équipe troyenne trouvera toute l'importance d'un autre amorçage, c'est celui de la ferveur du public. Par sa saison, ses performances, en particulier à domicile, elle est en passe de reconquérir un public qui n'attendait que ça finalement. Ce public qui ce jeudi soir devra tenir intensément son rôle de 12e homme et écrire avec son équipe une nouvelle page forte de l'histoire du football troyen.

 

 

FIL INFO

La Boutique de l'Estac

La boutique de l'Estac

Voir
Billetterie en vente Billetterie

Billets en vente

Réservez vos billets