Estac Troyes

Féminines

Les féminines sur la ligne de départ des Interligues

Vendredi 25 Avril 2014 à 10h06

Pour la quatrième saison consécutive, les féminines de l'Estac vont disputer les Interligues, en compagnie des 23 autres clubs qualifiés, les vingt champions de Ligue et les quatre meilleurs deuxièmes. C'est à ce titre que les Troyennes figurent parmi toutes les équipes qui vont tenter d'accéder en 2e Division, le second niveau national du football féminin. Pour les filles du coordinateur, Thierry Blanchot, et de l'entraîneur, Loïc Feugey, la tâche sera compliquée, il ne faut pas se le cacher. Elles vont notamment retrouver sur leur chemin celles qui leur ont repris le titre de championne de DH Champagne-Ardenne, les féminines du Saint-Memmie Olympique. Elles vont se heurter aussi au FC Tremblay et on connait la qualité de toutes les formations issues du bassin parisien. Elles trouveront enfin sur leur route les Lorraines du FC Woippy dont on se doute des réelles possibilités quand on connait la marge de progression importante franchie par le football au féminin de la région lorraine. Avant l'entrée en matière dès dimanche, à Saint-Memmie, tour d'horizon des forces en présence et état des lieux troyens.

Saint-Memmie Olympique : le redécollage

 

C'est l'un des grands clubs de l'histoire récente du football féminin français. Le club dans lequel ont évolué quelques-unes des meilleures joueuses tricolores : Marinette Pichon, formée à Brienne-le-Château, 112 sélections, Elise Bussaglia, l'Ardennaise, 115 sélections, et Gaëtane Thiney, sortie également de Brienne, 105 sélections. Neuf saisons en 1re Division jusqu'en 2006 puis une descente jusqu'en DH Champagne-Ardenne. Les Marnaises se sont engagées sur une phase de reconstruction et elles ont dominé le championnat régional, avant de tenter maintenant de revenir en D2. Les joueuses de Bruno Dalla Libera sont solides et expérimentées pour la majorité d'entre-elles. Ce sont également des battantes qui ne renoncent jamais. Cette saison, elles ont logiquement battu l'Estac lors des deux matches de championnat, 4-2, à l'aller comme au retour. Avec trois points de mieux que les Troyennes à l'arrivée, elles n'ont commis qu'un faux-pas, s'inclinant 3-2 le 22 décembre, chez elles, devant les Rémoises de Chalet Tunisie. Une seule défaite, mais aussi une élimination en Coupe de France, au 3e tour, face à l'Estac, 2-2, et 4-2 aux tirs au but.

Les Mengeotes recevront l'Estac pour commencer, dimanche à 15h, au stade Déborah-Jeannet.

 

Football Club de Tremblay-en-France : la volonté récompensée

 

Le club de Seine-Saint-Denis vise depuis un moment une accession en D2. La difficulté, c'est de s'extraire d'un championnat d'Ile-de-France très disputé, avec des équipes de grande qualité. Cette saison, les joueuses entraînées par Rafika Aichi y sont enfin parvenues. Mais la finale face au CA Paris, l'un des clubs phares féminins franciliens, fut âprement disputée et remportée de justesse (1-0) par les Tremblaysiennes.

On notera aussi que celles-ci sont parvenues jusqu'en 16e de finale de la Coupe de France féminine, éliminées chez elles par la formation de D1 d'Hénin-Beaumont, 11-1, mais après avoir sorti deux clubs de D2, Templemars Vendeville, 7-3 en 64e et le FC Rouen, 1-1 (4-2 au tab) en 32e.

L'Estac se déplacera à Tremblay, au Parc des Sports Georges-Prudhomme, le 4 mai.

 

Football Club de Woippy : ambition marquée

 

Avec 12 victoires, 2 nuls et une seule défaite (face au FC  St Max-Essey 3-1), meilleure attaque et meilleure défense, les Woipyciennes ont dominé le championnat de Lorraine. En Coupe de France, les joueuses de Jean-François Morel se sont fait éliminer 3-0 par Vendenheim (D2), alors que la saison passée elles s'étaient hissées jusqu'en 16e, mais étaient tombées sur l'Olympique Lyonnais, victorieux 16-0. Elles ambitionnent de parvenir en 2e Division et il faudra incontestablement compter sur elles. On notera qu'en amical, en début de saison, elles avaient reçu et battu Saint-Memmie 3-2, dans leur stade du Pâtis.

Elles seront les premières visiteuses de l'Estac, le 11 mai.

 

(photos Saint-Memmie, Tremblay et Woippy : DR)

 

Thierry Blanchot (coordinateur de la section féminine) :

 

«  C'est inespéré de se retrouver-là, même si on avait bon espoir d'être repêché, avec seulement deux défaites. C'est pour cela qu'au soir de notre seconde défaite contre Saint-Memmie, j'avais demandé aux filles de continuer à se tenir prêtes. On a poursuivi les entraînements et enchaîné les matches amicaux pour ne pas être surpris au cas où on nous appellerait. Les joueuses ont adhéré et depuis trois à quatre semaines, on était de plus en plus impatients. J'estime cependant que ce n'est pas une faveur qu'on nous fait. Depuis quatre ans, on travaille pour ça. 4e la première année, 3e l'année suivante, puis 2e l'année dernière, on s'approche saison après saison. On a maintenant un groupe bonifié. On n'ira pas pour apprendre et prendre de l'expérience mais pour jouer notre carte à fond. Saint-Memmie, on les connait par cœur. Tremblay, on a des infos. Il n'y a que Woippy qu'on connait moins bien mais on va s'informer. Malheureusement, on ne pourra pas disposer de deux de nos joueuses cadres, Marion Hernandez et Anaïs Nuninger, insuffisamment remises de leurs opérations des ligaments croisés. On ne pourra pas compter non plus pour le premier match sur Stéphanie Jaspierre et Sarah Manzoni, blessées. Mais Fanny Garesio sera bien présente. Débuter par deux déplacements, ça ne me dérange pas trop. Au contraire. Aller d'abord à Saint-Memmie, ça va nous mettre tout de suite en condition. En DH, on avait fait deux non-matches contre elles. On devra tout de suite se libérer pour ne pas avoir de regret. Il faudra un gros mental pour aller au bout. »

 

 

 

 

 

Loïc Feugey (entraîneur de l'équipe fanion) :

 

« Oui, c'est un groupe difficile mais à ce stade de la compétition il ne reste que les meilleures. On retrouve une équipe parisienne, très armée, avec un gros effectif et c'est toujours difficile. On l'a vérifié l'an dernier avec la VGA Saint-Maur. Woippy aussi c'est costaud. On les a déjà jouées il y a deux ans. Quant à Saint-Memmie, elles ont terminé devant nous et on sait ce qui nous attend. C'est un groupe homogène, où tout le monde a sa chance et peut battre tout le monde. Ramener quelque chose de Saint-Memmie dimanche serait bon pour la confiance. Avec deux déplacements d'entrée, on sait qu'on sera exposés mais on a déjà connu ça une année. On avait perdu nos trois premiers matches mais on était bien revenu lors de la phase retour. Le coup peut rester jouable malgré des défaites en début de parcours.

On a eu notre lot de pépins cette saison avec plusieurs blessures importantes qui ont touchée, après Stéphanie Jaspierre en fin de saison dernière, Marion Hernandez, Anaïs Nuninger, toutes deux touchées à un genou avec ligaments croisés, Sophie Goujard, blessée à un œil puis à une clavicule. On a subi aussi les impératifs causés par les études, comme avec Maïté Bitam. On a encore actuellement Sarah Manzoni qui souffre d'un mollet et qui devra s'abstenir dimanche.

A Saint-Memmie, les filles devront s'investir. Elles savent que si on a pris deux fois quatre buts contre les Marnaises, ce n'est pas un incident de parcours. Il faudra se serrer les coudes, s'exhorter à batailler un peu plus. Tactiquement, ce n'est pas maintenant qu'on va tout bouleverser. Ces derniers temps, depuis l'officialisation de notre repêchage, je les ai trouvées tendues aux entraînements. On a même connu quelques accrochages dans le jeu. C'est bon signe. C'est la vie d'un groupe que je trouve généralement trop gentil. L'essentiel, c'est de ne pas se mettre la pression dimanche sinon on tombera dans le panneau. Nos adversaires ne vont rien lâcher, comme d'habitude. Ce sont des filles qui possèdent de grosses qualités individuelles, avec aussi plus d'expérience que nous. Quatre à cinq d'entre-elles ont entre 25 et 30 ans. Elles compteront aussi sur leur tempérament et leur physique pour s'imposer et bien débuter chez elles. Il y aura aussi du monde derrière la main courante pour les soutenir. A nous de rivaliser dans le jeu, d'être, au moins, à 100% et de ne pas partir battus. »